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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 15:54

Libre interprétation qui n’engage que l’auteur de ces propos !

Nous étions au 23ème festival du cinéma russe à Honfleur. Partis à 60 revenus à 60, c’est de l’organisation et de la discipline ! Notre groupe d’adhérents, de sympathisants, d’étudiants de tous âges, d’amis de l’association DAVAÏ, ….fidèles du festival, est bigarré mais il fonctionne bien et cela continuera !

Cette année la formule du jour de clôture du festival, dimanche 29 novembre, était un peu différente car nous n’avons pas vu les films primés, c’est-à-dire « 14+ » et «Sans commentaires». Aussi nous avons pu découvrir des films classifiés «hommage», «panorama», «rétrospective», «avant-première»… un large choix !

Personnellement, j’ai pu voir un film hommage «En attendant la mer» film de 2012 de Bakhtiar Khudojnazarov, décédé cette année, réalisateur notamment de «Luna Papa», et en avant-première «La robe bleue» de Igor Minaev.

Dans « En attendant la mer », le réalisateur nous conte une fable. Nous sommes aux confins de l’Occident et de l’Orient. Il est question d’un capitaine de bateau, Marat, force de la nature, un Hercule, unique survivant d’un terrible naufrage survenu sur une mer désormais en partie disparue (asséchée). Il va aller jusqu’au bout de lui-même pour retrouver celle qu’il aimait et son équipage, disparus dans le naufrage. Un capitaine ne se doit-il pas d’être le dernier à abandonner le navire ? Une aventure intérieure, surréaliste, sur fond d’engloutissement du passé et du vivant, dans un contexte de perte de repères et de valeurs.

Dans «La robe bleue», un jeune homme découvre en vidant l’appartement de sa mère précocement décédée après une crise de mutisme, un pan de sa vie qu’elle lui avait caché. Il prend connaissance de cette vie à travers des bandes de film, un journal intime, et une robe bleue démodée.

Ces films s’illustrent par leur volonté de transmettre des messages forts aux spectateurs, des messages universels inscrits dans des histoires de vie singulières. Parfois les «ficelles» sont un peu grosses mais la volonté de traduire par l’image du sens est louable. La qualité plastique, esthétique et le casting des films est à mon avis excellent. La qualité filmique de manière générale témoigne d’un grand cinéma! En ce qui concerne ces deux films précisément, je suis plus réservée sur le fait de vouloir en dire ou en faire trop parfois et de mélanger des genres cinématographiques qui déroutent le spectateur.

23ème festival du cinéma russe à Honfleur

Dans «En attendant la mer», Marat est un forcené ! Il n’aurait pas dû survivre au naufrage de son navire mais il est vivant. Il n’aurait pas dû revenir dans son pays au bord de la mer, après avoir purgé une peine de prison, mais il n’a pas d’autre raison de vivre que d’être parmi ses souvenirs. Il devrait laisser le passé au passé, les morts à leur cimetière marin, mais il veut les retrouver et les ramener. Il n’abdique pas, même s’il est déraisonnable. Il va tracter son bateau, à la force de ses bras sur une mer devenue désert, au mépris ou l’incrédulité de tous. Le réalisateur convoque les mythes, les grands récits, la grande Histoire soviétique à travers l’histoire d’un homme, russe asiate éperdument amoureux de Dari*, la fille ainée d’un marin respecté, digne représentant de son ethnie et de ses coutumes.

23ème festival du cinéma russe à Honfleur

Dans « La robe bleue », l’orphelin veut se confronter aux secrets de sa mère en ayant conscience que cela est risqué. Il veut comprendre et peut-être s’approprier un pan d’histoire dont elle n’a jamais parlé. Elle était actrice en Union soviétique et amoureuse éperdue d’un homme qui l’a quitté pour une autre. Cet homme, Dmitri, était réalisateur de films qui ont été refoulés par la censure. Elle a quitté la Russie et cet homme mais ne semble ne jamais avoir «dépassé » ces évènements douloureux. Alors à la mort de ce dernier, fidèle à la mémoire, elle se trouve légataire des films, du journal intime et de documents de cet homme. Elle en meurt. Un récit tragique d’un personnage féminin jusqu’au-boutiste, fidèle au passé et qui aurait enseveli le passé avec sa mort si son fils n’avait cherché à comprendre.

Pas étonnant que ces 2 films aient été programmés le même jour. J’aimerais savoir si «Le carrosse vert» que je n’ai pas pu voir tellement le public était venu nombreux, interpelle également ces thèmes de la confrontation de la grande Histoire et des trajectoires de vie singulières où l’amour est magnifié. J’espère que des spectateurs chanceux pourront me répondre ?!

Cécile Milcent.

*Le dari est une des deux variantes de la langue persane parlée en Afghanistan et en Iran.

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