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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 09:17

Cette rubrique est consacrée aux personnes qui ont été témoins de la seconde guerre mondiale, la Grande Guerre Patriotique, comme on l'appelle en Russie. Chaque année il en reste de moins en moins. Mais leurs enfants, petits-enfants, leurs proches, ont souhaité partager ces récits, ces histoires familiales avec nous.

Un très grand merci à tous ceux qui ont accepté de participer à ce projet de Davaï consacré à la mémoire commune.

Ce premier témoignage est celui d'Alexandre Ezerskiy.

Traduction en français et corrections: Sylvie Gandon, Françoise Mulot, Maryvonne Bordas, Nadia Stettler.

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Quand la guerre commença, mon père avait seulement douze ans, et grand-père lui, était trop vieux pour répondre à l’appel de mobilisation. C’est pourquoi, parmi mes proches parents, seul mon oncle Nicolas, le frère aîné de mon père a combattu. Mon oncle n’avait pas d’enfants, aussi il me traitait comme son propre fils. Très souvent, il m’invitait pour les week-ends et  nous  nous promenions, ou bien nous faisions du ski, et l’été, nous nous baignions dans la Volga. Oncle Kolia n’aimait pas parler de la guerre. Mais,  quand toute la famille se réunissait à l’occasion d’une fête, après que tous aient un peu bu, il quittait la table pour fumer. Pendant ces moments-là, il évoquait certains souvenirs. Voilà comment à travers ses récits fragmentés et courts, j’imagine son histoire.

Lieutenant N.G.Ezerskiy, 1942

Lieutenant N.G.Ezerskiy, 1942

L’année 1941, il est sorti de la classe terminale de l’école numéro 14, celle-là même où mon père avait fait ses études, et où moi-même j’avais suivi mes classes primaires. Comme nous avons tous vécu dans le même quartier, leurs récits m’étaient familiers et facilement imaginables. De plus le thème du commencement de la guerre se répétait dans tous les films : le bal de fin d’études de l’école, tout le monde se promène jusqu’au matin, l’annonce dans tous les haut-parleurs du début de la guerre et les jeunes diplômés, toujours en habits de fête, sans rentrer chez eux, qui se rendent au bureau de recrutement pour être engagés volontaires et partir au front. 

C’est effectivement ainsi que cela s’est passé dans tout le pays. Tous ceux de la classe de l’oncle Kolia sont allés au bureau du recrutement comme un seul homme, en revanche, ils n'ont pas rejoint immédiatement le front : beaucoup, tout comme mon oncle, n’avaient pas encore 18 ans.

On les a dirigés vers des écoles militaires, l’oncle Kolia s’est retrouvé à l’Ecole d’artillerie du nom de Molotov à Gorky, « GOUZA » (Molotov, à cette époque, était le ministre des affaires étrangères). Au cours de nos promenades il me parlait de cette école qui a été transformée en Ecole de Génie Spatial et a existé jusqu’au début des années 90. Ce dont je me souviens : au dessus des portes de cette école, on lisait « Notre but est le communisme ». Quel plaisantin avait pu imaginer un tel slogan ?

Bref, oncle Kolia était chanceux d’être tombé sur cette école car parmi ceux qui sont allés à l’école d’infanterie, aucun n’est revenu de la guerre… De sa classe de diplômés de 1941 ne sont rentrés de la guerre que deux hommes : mon oncle Kolia et son ami, passé par l’école d’aviation avant d’aller sur le front en tant que pilote d’avion de chasse.

Suivant les mots de beaucoup d’éminents militaires, ce ne sont pas les maréchaux qui gagnent ou perdent la guerre mais les lieutenants et les chefs de compagnie. Ils vivent avec leurs soldats, ils les mènent à l’attaque, ils les encouragent. Les chances de revenir vivants pour les lieutenants d’infanterie sont infimes. C’est tout de même différent pour les soldats qui sont dans l’artillerie.

Parti le 22 juin pour le bureau de recrutement, oncle Kolia a été envoyé immédiatement à la caserne de l’école militaire. Ses parents, mon grand-père et ma grand-mère, ont cherché leur enfant pendant plusieurs jours jusqu’a ce qu’ils apprennent qu’il était au GOUZA. Ils le trouvèrent en train de laver le plancher. Comme tout bon soldat, il a commencé son service par le "nettoyage des chiottes ». Ses parents, issus du milieu intellectuel : maman – bibliothécaire, papa – comptable, étaient sous le choc.

A l'école militaire les études duraient trois ans, mais pour eux le rythme fut accéléré. La guerre le rattrapa au bout de quelques semaines. Déjà en juillet 1941 l’aviation allemande avait commencé les bombardements systématiques de leur ville. A Gorky il y avait plusieurs usines d’armement qui étaient logiquement devenues la cible de l’ennemi. Mais les bombes ne choisissaient pas où tomber. L’enseignement à l’école militaire s’est très vite orienté vers des exercices pratiques. On a installé des canons antiaériens sur les collines autour de la ville et les étudiants devaient assurer les surveillances des attaques. On leur a montré comment tirer et… En avant les gars ! Allez-y ! Appropriez-vous les techniques de guerre !

Sa promotion fut rapide : en un an, à la fin de l’été 1942, oncle Kolia était devenu lieutenant et avec sa batterie antiaérienne il est allé au front. Il s’est retrouvé aux abords de Stalingrad. Selon ses souvenirs, le convoi dans lequel il est parti au front a été bombardé et seule une partie est restée intacte. Lui, il est resté vivant, en se positionnant avec sa batterie au sud de Stalingrad. On les débarqua dans un champ. A ce moment-là les divisions blindées allemandes faisaient une percée vers la Volga. La batterie d’oncle Kolia, avec tous ses canons, s’est trouvée pile dans la ligne de mir des tirs des chars ennemis. Aucun avion en soutien. «On lançait de nos batteries des tirs directs sur les tanks, comment nous sommes demeurés en vie dans ce combat, ça, je ne peux pas te le dire… mais ce qui est sûr : on les avait arrêtés avant la Volga.»

Et ensuite, il ajoutait : « La guerre… il n’y a rien d’intéressant. Un raid. Nous tirons. Ils bombardent. Le plus important, se boucher les oreilles avec de la ouate et quand la salve arrive – ouvrir la bouche. Sinon immédiatement tu deviens sourd, tes tympans se déchirent. » Et ainsi de suite jour après jour : « On change la position, on creuse une tranchée, on s’y installe, raid, on tire, le jour, la nuit, du ciel tombent des bombes et des éclats, il faut encore comprendre ce qui arrive, vers où tirer. Puis de nouveau : relève de la position, enfouissage, raid…Travail pénible, permanent… D’une façon générale, rien d’intéressant. »

Extraits de ses récits. « Offensive d’hiver la veille du nouvel an. Nous prenons un abri allemand. Il est aménagé, on peut le dire, d’une façon « chic ». Il fait bon. Nous apportons un sapin, mais il nous faudrait des décorations. Rien ne convient. Dans les affaires abandonnées par les Allemands, nous trouvons une grande quantité de préservatifs. Nous les gonflons comme des boules. Nous accueillons la Nouvelle Année avec un sapin de Noël décoré. »

« Notre batterie se positionne au bord d’un lac. Un moment de tranquillité, sans raids. Dans le lac nagent des carassins (petites carpes). On en a assez de la kacha, on veut des petits poissons frais. Mais on n’a pas de temps pour s’installer « confortablement » et les pêcher à la ligne. Nous avons notre méthode de pêche, une petite charge explosive, et je t’en prie : ramasse ce qui nage à la surface de l’eau. On a tout ce qu’il faut. Mais juste au moment de l’action, nous entendons soudainement la pétarade d’une moto. Nous cachons vite l’explosif. Devant nous surgit un officier de "SMERCH" (le service de contre-espionnage de la guerre: mort aux espions et aux saboteurs). Il vient pour contrôler le respect des règles. Il inspecte toute la batterie. "Comment ça va, le service?" - "Tout va normalement"... Il part. Le bruit de sa moto disparait au loin. Pour être bien certains de son départ, nous attendons encore un peu avant de jeter la dynamite dans l'eau. La "pêche" est bonne, nous faisons frire les poissons sur le feu, diluons de la gnole. La clairière est "mise en beauté". Mais soudain, des buissons, apparait l'officier! Ce salaud, après être parti avec sa moto, l'avait cachée plus loin dans les buissons. Puis, il avait rampé jusqu'à notre batterie, et s'était planqué en attendant le début de notre festin... Quelle ordure... Et le voilà à nous menacer du tribunal militaire pour infraction à la règle. Ensuite, il bouffe, ce fumier, tous nos carassins, boit notre gnole, tout ce qu'il peut boire et se casse de là. Notre repos est gâché."

Le tribunal, oncle Kolia ne l'a tout de même pas évité. Sa batterie avait accidentellement abattu un avion soviétique. L'avion, c'est pas des carassins avec de la gnole, c'est sûr... Ca sentait à plein nez soit le bataillon de mort, soit, encore pire, l'exécution directe. Mais de nouveau il a eu de la chance. Il s'est trouvé que le pilote s'était éjecté avec son parachute et était resté vivant. De plus, l'avion avait dévié de sa trajectoire et ne devait pas du tout survoler la batterie. L'affaire se termina ainsi: il fut destitué de toutes ses décorations et rétrogradé comme simple soldat. Il chargea des obus dans le même régiment pendant plusieurs mois. Ensuite, au cours d'un nouveau raid le commandant de la batterie fut tué, oncle Kolia prit le commandement à sa place. Par la suite on le remit à son grade et il termina la guerre comme il l'avait commencé, en lieutenant.

Il fit la guerre en Hongrie et en Tchécoslovaquie et fut démobilisé en été 1945. Il a vu cette guerre d'un bout à l'autre, 4 ans.

Le voici de retour dans sa ville natale, il a 21 ans et toute la vie devant lui. Ses parents l'attendent , leur fils est revenu, vivant, même pas blessé une seule fois. Après les embrassades, les pleurs, les histoires un peu confuses, quelqu'un demande: "Kolia, pourquoi n'as-tu pas tes affaires?" "Elles arriveront dans le wagon à bagages..."

A cette époque, les démobilisés rentraient avec des butins de guerre et une telle réponse supposait qu'il aurait beaucoup de trophées dans les valises. Quelques jours plus tard on comprit qu'en fin de compte il n'y avait aucun "butin", car l'unique valise contenant ses affaires qui l'ont accompagné pendant toute la guerre, avait été volée dans le train. Ses affaires, il s'en fichait profondément, mais tous les papiers et les médailles... Les papiers seraient refaits dans quelque temps mais les médailles avaient disparu à jamais.

Après la guerre les Anciens Combattants ont été souvent décorés lors des commémorations des 10 ans, des 20 ans de la Victoire... les 30 ans de l'Armée rouge, les 40 ans de l'Armée rouge... les 100 ans de la naissance de Lénine, etc. Il ne portait jamais ses décorations. Pour toutes les fêtes de la Victoire, il mettait seulement son insigne d'Ancien Combattant. Cet insigne avait une signification particulière pour oncle Kolia, car il avait été donné uniquement à ceux qui participaient personnellement aux combats.

Quatre années de guerre ne se sont pas passées sans lui laisser des traces. Un travail pénible, des jours sans sommeil, du stress, tout cela a pesé sur sa santé. Il a enduré plusieurs infarctus et il est mort d'un arrêt du cœur à la fin de la Pérestroïka.

Il a été enterré dans un grand cimetière dans la proche banlieue de notre ville de Nijni Novgorod. C'est un cimetière multiconfessionnel. Sur les pierres tombales sont gravés des croix, des croissants, des étoiles de David. Sur la sienne - une étoile à cinq branches et le ruban de St Georges (ce même ruban, tant aimé et tant détesté en Ukraine). Lui et ceux de sa génération ne croyaient ni en Dieu, ni dans les leaders communistes. Ils avaient défendu leur pays et leurs familles  et ils avaient fait tout ce qu'ils avaient pu pour cela.

 

Alexandre Ezerskiy.

 

1945. Photo de famille. Oncle Kolia est de retour.

1945. Photo de famille. Oncle Kolia est de retour.

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 23:47

В этой рубрике мы публикуем рассказы о людях, прошедших Вторую мировую войну. К сожалению, самих участников, непосредственных свидетелей, становится всё меньше и меньше. Но есть их дети, внуки, правнуки, которые захотели поделиться рассказами, семейными историями об этих близких им людях.

Спасибо всем, кто участвует в этом проекте "Давай", посвящённом памяти тех, кто познал страшные годы Великой Отечественной. 

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Когда началась война, моему отцу было только 12 лет, дед был уже стар для призыва в армию. Поэтому из моих ближайших родственников воевал лишь мой дядя, дядя Коля, старший брат моего отца.  Своих детей у дяди Коли  не было, и ко мне он относился, можно сказать, как к сыну. Очень часто он забирал меня на уик-энды, и мы гуляли или катались где-нибудь на лыжах, летом купались на Волге.   Дядя Коля не любил говорить о войне. Но когда вся семья собиралась на какой-нибудь праздник, после того как все немного выпили, он выходил из-за стола покурить и изредка вспоминал что-нибудь. Вот как по его рассказам, отрывочным и очень коротким, я представляю его историю.

Лейтенант Н.Г.Езерский 1942 год.

Лейтенант Н.Г.Езерский 1942 год.

Школу №14, которую он закончил в 41 году, окончил также и мой отец, я в ней тоже учился  в начальных классах и жил в том же доме, поэтому рассказы их были для меня образны и легко представимы. К тому же почти во всех фильмах повторялся сюжет начала войны: школьный выпускной бал, все гуляют до утра, объявление по всем громкоговорителям о начале войны  и выпускники,  празднично одетые, не заходя домой, направляются в военкомат, чтобы добровольцами уйти на фронт. Это действительно так и происходило по всей стране Дяди Колин класс в военкомат пошёл весь, как один, но сразу же на фронт попали не все, многим, как и дяде Коле, еще не было 18 лет. Направили их в военные училища, дядя Коля попал в горьковское училище зенитной артиллерии им. Молотова - ГУЗА (Молотов в то время был министром иностранных дел).   Во время прогулок он показал мне это училище, оно было преобразовано в зенитно-ракетное училище   и  просуществовало до начала 90х годов.   Что мне запомнилось: над воротами этого ракетного училища был слоган «Наша цель – коммунизм». Какой шутник придумал этот слоган мне непонятно. В общем,  дяде Коле повезло с училищем. Из тех,  кто попал  в пехотные училища, с войны не вернулся никто. . С войны из его школьного  выпуска 1941 вернулось 2 человека. Дядя Коля и его приятель, попавший в летную школу и воевавший всю войну летчиком-истребителем.      Войну, по словам многих видных  военных,  выигрывают и проигрывают не маршалы, а   лейтенанты,  командиры роты. Они живут со своими бойцами и поднимают их в атаку.  Шансы выжить у лейтенантов из пехоты  минимальны. Зенитчики все же другое дело.

Отправившись 22 июня в военкомат, дядя Коля сразу оказался в казарме училища. Родители, мои дед и бабушка,  несколько дней искали ребенка, пока кто-то  подсказал, что он в ГУЗА. Они нашли его моющим пол. Он уже получил наряд вне очереди и чистил сортиры. Служба началась. Родители, интеллигентные люди: мама библиотекарь, папа бухгалтер  были в шоке от всего этого. Училище предполагает 3 года учебы. Но у них был ускоренный выпуск. Собственно война началась у него уже через несколько недель. Уже в  июле 1941 немецкая авиация начала систематические бомбардировки города. В Горьком было несколько военных заводов и понятно, что они стали целью немецкой авиации. Но бомбы падали на все районы города. Обучение в училище очень быстро перешло  практические занятия.   Зенитки расставили на холмах вокруг города и у курсантов начались постоянные  боевые дежурства. Показали как стрелять и давайте ребята,  работайте, осваивайте военную науку.    

Ускоренный выпуск состоялся через год: в конце лета 1942 года.  Дядя Коля стал лейтенантом и  он с батареей направился на фронт. Он попал под Сталинград. По его воспоминаниям,  эшелон, в котором он ехал на фронт разбомбили,  пол состава только уцелело.   Но  он доехал и   попал со своей батареей южнее Сталинграда. Выгрузили их в чистом поле.  В это время немецкие танковые дивизии рпорывались к Волге. Они со своими зенитками попали прямо по удар  танков. Никаких самолетов не было и в помине.   Стреляли из зениток и по танкам прямой наводкой. Как остались живы в этом бою, он сказать не может, но танки к Волге не пропустили.  

 А дальше, по его словам: «Война, ничего интересного. Налет, мы стреляем, они бомбят. Основное, заткнуть уши ватой и когда залп, открывать рот. Иначе сразу оглохнешь,  барабанные перепонки порвутся». И так изо дня в день:   «Смена позиции, окапываемся, роем землянки, налет, стреляем и день и ночь, с неба летят бомбы и осколки, надо еще и сообразить, куда стрелять. Потом  смена позиции, окапываемся, налет…. Тяжелая,  постоянная работа, … в общем ничего интересного».

Из рассказов. «Наступление зимой накануне нового года. Занимаем немецкий блиндаж. Обустроен можно сказать шикарно. Тепло. Елку срубили. Игрушки надо бы. Ничего подходящего нет. В вещах немцев, бросивших блиндаж находим большое количество презервативов.  Надуваем, как шарики.  Новый год встречаем с украшенной елкой.»

«Батарея на  берегу озера. Налетов,  нет затишье. В озере плещутся караси. Надоела каша и хочется свежей рыбки.  Кто же будет карасей на удочку ловить. У нас свой метод рыбалки. Толовая шашка и, пожалуйста, собирай что плавает по поверхности озера. Со взрывчаткой никаких проблем нет. Но только уже собрались закинуть снасть в озеро слышим стрекочит мотоцикл.  Шашку спрятали.  Появился опер из «СМЕРШа».  «СМЕРШ» это военная контрразведка: смерть шпионам и диверсантам. Опер приехал проверять порядок.     Прошелся по батареи, все осмотрел. «Как служба идет?» - «Нормально идет» отвечаем. Уехал. Звук мотоцикла затих вдалеке. Подождали для верности еще какое-то время. Ну и кинули толовую шашку в озеро. Набрали карасей, нажарили, развели спирт. Накрыли «поляну». И тут из кустов вылезает опер. Он, сволочь отъехал на  мотоцикле, спрятал его в кустах, а сам по-пластунски  приполз к батарее и сидел, наблюдал, и ждал скотина, когда мы рыбу нажарим. Грозит трибуналом, мне как командиру, штраф батом за нарушение устава. Потом съедает, с…ка, всех карасей, выпивает спирта, сколько сумел выпить и отваливает. Весь отдых испортил».

Под трибунал дядя Коля все-таки попал. Его батарея случайно сбила советский самолет. Самолет, конечно, не караси со спиртом. За это штраф бат как минимум светил, а то и расстрелять могли.  Но опять повезло. Летчик, как оказалось,  выбросился с парашютом и остался жив. К тому же  самолет отклонился от курса и вообще не должен был над батареей пролетать. Дело кончилось тем, что его лишили всех наград и разжаловали в рядовые.  На той же батарее несколько месяцев подносил снаряды. А потом,  во время очередного налета убило командира батареи. Дядя Коля вместо него принял командование. Потом ему вернули  звание, и закончил он войну как и начинал лейтенантом.   Воевал в Венгрии и Чехословакии. Демобилизовался летом 1945 года. Можно сказать, что воевал от звонка до звонка,  четыре года.

Он возвращается в родной город, ему двадцать один год,     у него все жизнь впереди. Родители ждут. Сын вернулся. Живой, даже ранен не был ни разу. После объятий, слез,  сбивчивых рассказов кто-то спросил: «Коль, что же ты без вещей?»  -«Да в багажном вагоне приедут». В те времена демобилизованные возвращались с трофеями, и такой ответ предполагал, что трофеев в чемоданах будет много. Чрез несколько дней выяснилось, что конечно никаких трофеев нет, единственный чемодан с вещами, которые он возил собой всю войну, украли в поезде. На вещи глубоко наплевать, но украли и все документы и медали.  Документы он через некоторое время восстановил, а  медали исчезли навсегда. После войны участников войны награждали очень часто в связи с юбилеями 10 лет, 20 лет победы…… ,  30 лет Красной армии, 40 лет Красной армии…, 100 лет со дня рождения Ленина и т.д.  Он никогда этих наград не носил. На все праздники одевал лишь колодки и    значок участника войны.  Этот значок он ценил, его давали лишь тем, кто непосредственно участвовал в военных действиях.

Четыре года на войне не прошли для него бесследно. Тяжелая работа,  сутками без сна, стрессы все это сказалось на здоровье. Он перенес несколько инфарктов и умер от остановки сердца в конце перестройки. Он похоронен на большом кладбище, на окраине города. Кладбище мульти-конфессиональное.  На могильных плитах выбиты кресты, полумесяцы, звезды Давида. На его камне выбита пятиконечная звезда и гвардейская лента (та самая лента, которую так любят и ненавидят на Украине).      Он и его поколение не верили ни в Бога ни  в коммунистических вождей.  Они защищали свою страну и своих родных и сделали для этого все что смогли.

Александр Езерский

1945 год. Парадное семейное фото. Дядя Коля  вернулся с войны.

1945 год. Парадное семейное фото. Дядя Коля вернулся с войны.

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