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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 09:17

Cette rubrique est consacrée aux personnes qui ont été témoins de la seconde guerre mondiale, la Grande Guerre Patriotique, comme on l'appelle en Russie. Chaque année il en reste de moins en moins. Mais leurs enfants, petits-enfants, leurs proches, ont souhaité partager ces récits, ces histoires familiales avec nous.

Un très grand merci à tous ceux qui ont accepté de participer à ce projet de Davaï consacré à la mémoire commune.

Ce premier témoignage est celui d'Alexandre Ezerskiy.

Traduction en français et corrections: Sylvie Gandon, Françoise Mulot, Maryvonne Bordas, Nadia Stettler.

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Quand la guerre commença, mon père avait seulement douze ans, et grand-père lui, était trop vieux pour répondre à l’appel de mobilisation. C’est pourquoi, parmi mes proches parents, seul mon oncle Nicolas, le frère aîné de mon père a combattu. Mon oncle n’avait pas d’enfants, aussi il me traitait comme son propre fils. Très souvent, il m’invitait pour les week-ends et  nous  nous promenions, ou bien nous faisions du ski, et l’été, nous nous baignions dans la Volga. Oncle Kolia n’aimait pas parler de la guerre. Mais,  quand toute la famille se réunissait à l’occasion d’une fête, après que tous aient un peu bu, il quittait la table pour fumer. Pendant ces moments-là, il évoquait certains souvenirs. Voilà comment à travers ses récits fragmentés et courts, j’imagine son histoire.

Lieutenant N.G.Ezerskiy, 1942

Lieutenant N.G.Ezerskiy, 1942

L’année 1941, il est sorti de la classe terminale de l’école numéro 14, celle-là même où mon père avait fait ses études, et où moi-même j’avais suivi mes classes primaires. Comme nous avons tous vécu dans le même quartier, leurs récits m’étaient familiers et facilement imaginables. De plus le thème du commencement de la guerre se répétait dans tous les films : le bal de fin d’études de l’école, tout le monde se promène jusqu’au matin, l’annonce dans tous les haut-parleurs du début de la guerre et les jeunes diplômés, toujours en habits de fête, sans rentrer chez eux, qui se rendent au bureau de recrutement pour être engagés volontaires et partir au front. 

C’est effectivement ainsi que cela s’est passé dans tout le pays. Tous ceux de la classe de l’oncle Kolia sont allés au bureau du recrutement comme un seul homme, en revanche, ils n'ont pas rejoint immédiatement le front : beaucoup, tout comme mon oncle, n’avaient pas encore 18 ans.

On les a dirigés vers des écoles militaires, l’oncle Kolia s’est retrouvé à l’Ecole d’artillerie du nom de Molotov à Gorky, « GOUZA » (Molotov, à cette époque, était le ministre des affaires étrangères). Au cours de nos promenades il me parlait de cette école qui a été transformée en Ecole de Génie Spatial et a existé jusqu’au début des années 90. Ce dont je me souviens : au dessus des portes de cette école, on lisait « Notre but est le communisme ». Quel plaisantin avait pu imaginer un tel slogan ?

Bref, oncle Kolia était chanceux d’être tombé sur cette école car parmi ceux qui sont allés à l’école d’infanterie, aucun n’est revenu de la guerre… De sa classe de diplômés de 1941 ne sont rentrés de la guerre que deux hommes : mon oncle Kolia et son ami, passé par l’école d’aviation avant d’aller sur le front en tant que pilote d’avion de chasse.

Suivant les mots de beaucoup d’éminents militaires, ce ne sont pas les maréchaux qui gagnent ou perdent la guerre mais les lieutenants et les chefs de compagnie. Ils vivent avec leurs soldats, ils les mènent à l’attaque, ils les encouragent. Les chances de revenir vivants pour les lieutenants d’infanterie sont infimes. C’est tout de même différent pour les soldats qui sont dans l’artillerie.

Parti le 22 juin pour le bureau de recrutement, oncle Kolia a été envoyé immédiatement à la caserne de l’école militaire. Ses parents, mon grand-père et ma grand-mère, ont cherché leur enfant pendant plusieurs jours jusqu’a ce qu’ils apprennent qu’il était au GOUZA. Ils le trouvèrent en train de laver le plancher. Comme tout bon soldat, il a commencé son service par le "nettoyage des chiottes ». Ses parents, issus du milieu intellectuel : maman – bibliothécaire, papa – comptable, étaient sous le choc.

A l'école militaire les études duraient trois ans, mais pour eux le rythme fut accéléré. La guerre le rattrapa au bout de quelques semaines. Déjà en juillet 1941 l’aviation allemande avait commencé les bombardements systématiques de leur ville. A Gorky il y avait plusieurs usines d’armement qui étaient logiquement devenues la cible de l’ennemi. Mais les bombes ne choisissaient pas où tomber. L’enseignement à l’école militaire s’est très vite orienté vers des exercices pratiques. On a installé des canons antiaériens sur les collines autour de la ville et les étudiants devaient assurer les surveillances des attaques. On leur a montré comment tirer et… En avant les gars ! Allez-y ! Appropriez-vous les techniques de guerre !

Sa promotion fut rapide : en un an, à la fin de l’été 1942, oncle Kolia était devenu lieutenant et avec sa batterie antiaérienne il est allé au front. Il s’est retrouvé aux abords de Stalingrad. Selon ses souvenirs, le convoi dans lequel il est parti au front a été bombardé et seule une partie est restée intacte. Lui, il est resté vivant, en se positionnant avec sa batterie au sud de Stalingrad. On les débarqua dans un champ. A ce moment-là les divisions blindées allemandes faisaient une percée vers la Volga. La batterie d’oncle Kolia, avec tous ses canons, s’est trouvée pile dans la ligne de mir des tirs des chars ennemis. Aucun avion en soutien. «On lançait de nos batteries des tirs directs sur les tanks, comment nous sommes demeurés en vie dans ce combat, ça, je ne peux pas te le dire… mais ce qui est sûr : on les avait arrêtés avant la Volga.»

Et ensuite, il ajoutait : « La guerre… il n’y a rien d’intéressant. Un raid. Nous tirons. Ils bombardent. Le plus important, se boucher les oreilles avec de la ouate et quand la salve arrive – ouvrir la bouche. Sinon immédiatement tu deviens sourd, tes tympans se déchirent. » Et ainsi de suite jour après jour : « On change la position, on creuse une tranchée, on s’y installe, raid, on tire, le jour, la nuit, du ciel tombent des bombes et des éclats, il faut encore comprendre ce qui arrive, vers où tirer. Puis de nouveau : relève de la position, enfouissage, raid…Travail pénible, permanent… D’une façon générale, rien d’intéressant. »

Extraits de ses récits. « Offensive d’hiver la veille du nouvel an. Nous prenons un abri allemand. Il est aménagé, on peut le dire, d’une façon « chic ». Il fait bon. Nous apportons un sapin, mais il nous faudrait des décorations. Rien ne convient. Dans les affaires abandonnées par les Allemands, nous trouvons une grande quantité de préservatifs. Nous les gonflons comme des boules. Nous accueillons la Nouvelle Année avec un sapin de Noël décoré. »

« Notre batterie se positionne au bord d’un lac. Un moment de tranquillité, sans raids. Dans le lac nagent des carassins (petites carpes). On en a assez de la kacha, on veut des petits poissons frais. Mais on n’a pas de temps pour s’installer « confortablement » et les pêcher à la ligne. Nous avons notre méthode de pêche, une petite charge explosive, et je t’en prie : ramasse ce qui nage à la surface de l’eau. On a tout ce qu’il faut. Mais juste au moment de l’action, nous entendons soudainement la pétarade d’une moto. Nous cachons vite l’explosif. Devant nous surgit un officier de "SMERCH" (le service de contre-espionnage de la guerre: mort aux espions et aux saboteurs). Il vient pour contrôler le respect des règles. Il inspecte toute la batterie. "Comment ça va, le service?" - "Tout va normalement"... Il part. Le bruit de sa moto disparait au loin. Pour être bien certains de son départ, nous attendons encore un peu avant de jeter la dynamite dans l'eau. La "pêche" est bonne, nous faisons frire les poissons sur le feu, diluons de la gnole. La clairière est "mise en beauté". Mais soudain, des buissons, apparait l'officier! Ce salaud, après être parti avec sa moto, l'avait cachée plus loin dans les buissons. Puis, il avait rampé jusqu'à notre batterie, et s'était planqué en attendant le début de notre festin... Quelle ordure... Et le voilà à nous menacer du tribunal militaire pour infraction à la règle. Ensuite, il bouffe, ce fumier, tous nos carassins, boit notre gnole, tout ce qu'il peut boire et se casse de là. Notre repos est gâché."

Le tribunal, oncle Kolia ne l'a tout de même pas évité. Sa batterie avait accidentellement abattu un avion soviétique. L'avion, c'est pas des carassins avec de la gnole, c'est sûr... Ca sentait à plein nez soit le bataillon de mort, soit, encore pire, l'exécution directe. Mais de nouveau il a eu de la chance. Il s'est trouvé que le pilote s'était éjecté avec son parachute et était resté vivant. De plus, l'avion avait dévié de sa trajectoire et ne devait pas du tout survoler la batterie. L'affaire se termina ainsi: il fut destitué de toutes ses décorations et rétrogradé comme simple soldat. Il chargea des obus dans le même régiment pendant plusieurs mois. Ensuite, au cours d'un nouveau raid le commandant de la batterie fut tué, oncle Kolia prit le commandement à sa place. Par la suite on le remit à son grade et il termina la guerre comme il l'avait commencé, en lieutenant.

Il fit la guerre en Hongrie et en Tchécoslovaquie et fut démobilisé en été 1945. Il a vu cette guerre d'un bout à l'autre, 4 ans.

Le voici de retour dans sa ville natale, il a 21 ans et toute la vie devant lui. Ses parents l'attendent , leur fils est revenu, vivant, même pas blessé une seule fois. Après les embrassades, les pleurs, les histoires un peu confuses, quelqu'un demande: "Kolia, pourquoi n'as-tu pas tes affaires?" "Elles arriveront dans le wagon à bagages..."

A cette époque, les démobilisés rentraient avec des butins de guerre et une telle réponse supposait qu'il aurait beaucoup de trophées dans les valises. Quelques jours plus tard on comprit qu'en fin de compte il n'y avait aucun "butin", car l'unique valise contenant ses affaires qui l'ont accompagné pendant toute la guerre, avait été volée dans le train. Ses affaires, il s'en fichait profondément, mais tous les papiers et les médailles... Les papiers seraient refaits dans quelque temps mais les médailles avaient disparu à jamais.

Après la guerre les Anciens Combattants ont été souvent décorés lors des commémorations des 10 ans, des 20 ans de la Victoire... les 30 ans de l'Armée rouge, les 40 ans de l'Armée rouge... les 100 ans de la naissance de Lénine, etc. Il ne portait jamais ses décorations. Pour toutes les fêtes de la Victoire, il mettait seulement son insigne d'Ancien Combattant. Cet insigne avait une signification particulière pour oncle Kolia, car il avait été donné uniquement à ceux qui participaient personnellement aux combats.

Quatre années de guerre ne se sont pas passées sans lui laisser des traces. Un travail pénible, des jours sans sommeil, du stress, tout cela a pesé sur sa santé. Il a enduré plusieurs infarctus et il est mort d'un arrêt du cœur à la fin de la Pérestroïka.

Il a été enterré dans un grand cimetière dans la proche banlieue de notre ville de Nijni Novgorod. C'est un cimetière multiconfessionnel. Sur les pierres tombales sont gravés des croix, des croissants, des étoiles de David. Sur la sienne - une étoile à cinq branches et le ruban de St Georges (ce même ruban, tant aimé et tant détesté en Ukraine). Lui et ceux de sa génération ne croyaient ni en Dieu, ni dans les leaders communistes. Ils avaient défendu leur pays et leurs familles  et ils avaient fait tout ce qu'ils avaient pu pour cela.

 

Alexandre Ezerskiy.

 

1945. Photo de famille. Oncle Kolia est de retour.

1945. Photo de famille. Oncle Kolia est de retour.

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 23:47

В этой рубрике мы публикуем рассказы о людях, прошедших Вторую мировую войну. К сожалению, самих участников, непосредственных свидетелей, становится всё меньше и меньше. Но есть их дети, внуки, правнуки, которые захотели поделиться рассказами, семейными историями об этих близких им людях.

Спасибо всем, кто участвует в этом проекте "Давай", посвящённом памяти тех, кто познал страшные годы Великой Отечественной. 

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Когда началась война, моему отцу было только 12 лет, дед был уже стар для призыва в армию. Поэтому из моих ближайших родственников воевал лишь мой дядя, дядя Коля, старший брат моего отца.  Своих детей у дяди Коли  не было, и ко мне он относился, можно сказать, как к сыну. Очень часто он забирал меня на уик-энды, и мы гуляли или катались где-нибудь на лыжах, летом купались на Волге.   Дядя Коля не любил говорить о войне. Но когда вся семья собиралась на какой-нибудь праздник, после того как все немного выпили, он выходил из-за стола покурить и изредка вспоминал что-нибудь. Вот как по его рассказам, отрывочным и очень коротким, я представляю его историю.

Лейтенант Н.Г.Езерский 1942 год.

Лейтенант Н.Г.Езерский 1942 год.

Школу №14, которую он закончил в 41 году, окончил также и мой отец, я в ней тоже учился  в начальных классах и жил в том же доме, поэтому рассказы их были для меня образны и легко представимы. К тому же почти во всех фильмах повторялся сюжет начала войны: школьный выпускной бал, все гуляют до утра, объявление по всем громкоговорителям о начале войны  и выпускники,  празднично одетые, не заходя домой, направляются в военкомат, чтобы добровольцами уйти на фронт. Это действительно так и происходило по всей стране Дяди Колин класс в военкомат пошёл весь, как один, но сразу же на фронт попали не все, многим, как и дяде Коле, еще не было 18 лет. Направили их в военные училища, дядя Коля попал в горьковское училище зенитной артиллерии им. Молотова - ГУЗА (Молотов в то время был министром иностранных дел).   Во время прогулок он показал мне это училище, оно было преобразовано в зенитно-ракетное училище   и  просуществовало до начала 90х годов.   Что мне запомнилось: над воротами этого ракетного училища был слоган «Наша цель – коммунизм». Какой шутник придумал этот слоган мне непонятно. В общем,  дяде Коле повезло с училищем. Из тех,  кто попал  в пехотные училища, с войны не вернулся никто. . С войны из его школьного  выпуска 1941 вернулось 2 человека. Дядя Коля и его приятель, попавший в летную школу и воевавший всю войну летчиком-истребителем.      Войну, по словам многих видных  военных,  выигрывают и проигрывают не маршалы, а   лейтенанты,  командиры роты. Они живут со своими бойцами и поднимают их в атаку.  Шансы выжить у лейтенантов из пехоты  минимальны. Зенитчики все же другое дело.

Отправившись 22 июня в военкомат, дядя Коля сразу оказался в казарме училища. Родители, мои дед и бабушка,  несколько дней искали ребенка, пока кто-то  подсказал, что он в ГУЗА. Они нашли его моющим пол. Он уже получил наряд вне очереди и чистил сортиры. Служба началась. Родители, интеллигентные люди: мама библиотекарь, папа бухгалтер  были в шоке от всего этого. Училище предполагает 3 года учебы. Но у них был ускоренный выпуск. Собственно война началась у него уже через несколько недель. Уже в  июле 1941 немецкая авиация начала систематические бомбардировки города. В Горьком было несколько военных заводов и понятно, что они стали целью немецкой авиации. Но бомбы падали на все районы города. Обучение в училище очень быстро перешло  практические занятия.   Зенитки расставили на холмах вокруг города и у курсантов начались постоянные  боевые дежурства. Показали как стрелять и давайте ребята,  работайте, осваивайте военную науку.    

Ускоренный выпуск состоялся через год: в конце лета 1942 года.  Дядя Коля стал лейтенантом и  он с батареей направился на фронт. Он попал под Сталинград. По его воспоминаниям,  эшелон, в котором он ехал на фронт разбомбили,  пол состава только уцелело.   Но  он доехал и   попал со своей батареей южнее Сталинграда. Выгрузили их в чистом поле.  В это время немецкие танковые дивизии рпорывались к Волге. Они со своими зенитками попали прямо по удар  танков. Никаких самолетов не было и в помине.   Стреляли из зениток и по танкам прямой наводкой. Как остались живы в этом бою, он сказать не может, но танки к Волге не пропустили.  

 А дальше, по его словам: «Война, ничего интересного. Налет, мы стреляем, они бомбят. Основное, заткнуть уши ватой и когда залп, открывать рот. Иначе сразу оглохнешь,  барабанные перепонки порвутся». И так изо дня в день:   «Смена позиции, окапываемся, роем землянки, налет, стреляем и день и ночь, с неба летят бомбы и осколки, надо еще и сообразить, куда стрелять. Потом  смена позиции, окапываемся, налет…. Тяжелая,  постоянная работа, … в общем ничего интересного».

Из рассказов. «Наступление зимой накануне нового года. Занимаем немецкий блиндаж. Обустроен можно сказать шикарно. Тепло. Елку срубили. Игрушки надо бы. Ничего подходящего нет. В вещах немцев, бросивших блиндаж находим большое количество презервативов.  Надуваем, как шарики.  Новый год встречаем с украшенной елкой.»

«Батарея на  берегу озера. Налетов,  нет затишье. В озере плещутся караси. Надоела каша и хочется свежей рыбки.  Кто же будет карасей на удочку ловить. У нас свой метод рыбалки. Толовая шашка и, пожалуйста, собирай что плавает по поверхности озера. Со взрывчаткой никаких проблем нет. Но только уже собрались закинуть снасть в озеро слышим стрекочит мотоцикл.  Шашку спрятали.  Появился опер из «СМЕРШа».  «СМЕРШ» это военная контрразведка: смерть шпионам и диверсантам. Опер приехал проверять порядок.     Прошелся по батареи, все осмотрел. «Как служба идет?» - «Нормально идет» отвечаем. Уехал. Звук мотоцикла затих вдалеке. Подождали для верности еще какое-то время. Ну и кинули толовую шашку в озеро. Набрали карасей, нажарили, развели спирт. Накрыли «поляну». И тут из кустов вылезает опер. Он, сволочь отъехал на  мотоцикле, спрятал его в кустах, а сам по-пластунски  приполз к батарее и сидел, наблюдал, и ждал скотина, когда мы рыбу нажарим. Грозит трибуналом, мне как командиру, штраф батом за нарушение устава. Потом съедает, с…ка, всех карасей, выпивает спирта, сколько сумел выпить и отваливает. Весь отдых испортил».

Под трибунал дядя Коля все-таки попал. Его батарея случайно сбила советский самолет. Самолет, конечно, не караси со спиртом. За это штраф бат как минимум светил, а то и расстрелять могли.  Но опять повезло. Летчик, как оказалось,  выбросился с парашютом и остался жив. К тому же  самолет отклонился от курса и вообще не должен был над батареей пролетать. Дело кончилось тем, что его лишили всех наград и разжаловали в рядовые.  На той же батарее несколько месяцев подносил снаряды. А потом,  во время очередного налета убило командира батареи. Дядя Коля вместо него принял командование. Потом ему вернули  звание, и закончил он войну как и начинал лейтенантом.   Воевал в Венгрии и Чехословакии. Демобилизовался летом 1945 года. Можно сказать, что воевал от звонка до звонка,  четыре года.

Он возвращается в родной город, ему двадцать один год,     у него все жизнь впереди. Родители ждут. Сын вернулся. Живой, даже ранен не был ни разу. После объятий, слез,  сбивчивых рассказов кто-то спросил: «Коль, что же ты без вещей?»  -«Да в багажном вагоне приедут». В те времена демобилизованные возвращались с трофеями, и такой ответ предполагал, что трофеев в чемоданах будет много. Чрез несколько дней выяснилось, что конечно никаких трофеев нет, единственный чемодан с вещами, которые он возил собой всю войну, украли в поезде. На вещи глубоко наплевать, но украли и все документы и медали.  Документы он через некоторое время восстановил, а  медали исчезли навсегда. После войны участников войны награждали очень часто в связи с юбилеями 10 лет, 20 лет победы…… ,  30 лет Красной армии, 40 лет Красной армии…, 100 лет со дня рождения Ленина и т.д.  Он никогда этих наград не носил. На все праздники одевал лишь колодки и    значок участника войны.  Этот значок он ценил, его давали лишь тем, кто непосредственно участвовал в военных действиях.

Четыре года на войне не прошли для него бесследно. Тяжелая работа,  сутками без сна, стрессы все это сказалось на здоровье. Он перенес несколько инфарктов и умер от остановки сердца в конце перестройки. Он похоронен на большом кладбище, на окраине города. Кладбище мульти-конфессиональное.  На могильных плитах выбиты кресты, полумесяцы, звезды Давида. На его камне выбита пятиконечная звезда и гвардейская лента (та самая лента, которую так любят и ненавидят на Украине).      Он и его поколение не верили ни в Бога ни  в коммунистических вождей.  Они защищали свою страну и своих родных и сделали для этого все что смогли.

Александр Езерский

1945 год. Парадное семейное фото. Дядя Коля  вернулся с войны.

1945 год. Парадное семейное фото. Дядя Коля вернулся с войны.

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 23:11

Je vous propose cette semaine une traduction personnelle d'un poème de Nicolaï Nekrassov (19ème siècle), il s'agit en fait d'un extrait d'un texte très long en vers "Les petits paysans". Cet écrivain a écrit de nombreux textes à propos des gens ordinaires en Russie, il y a aussi un autre texte comme ça, beau et intéressant "Les femmes russes". 

Nekrassov est très populaire en Russie et beaucoup de Russes connaissent des extraits par coeur, peut-être pas autant que Pouchkine, mais beaucoup! A la différence de Pouchkine, par contre, il est peu connu à l'étranger et je n'ai pas trouvé de traduction de l'extrait suivant.

Et dans ces poèmes, il y a beaucoup de dialogues, ce qui rend la lecture très vivante.

Cela, je crois le savoir, mais je parle sous le contrôle de ma chère amie et professeur de russe, Nadia, qui a proposé cet exercice. Et je profite de l'occasion pour la remercier de faire partager sa passion à travers cet apprentissage !

Cette traduction n'est pas littérale mais je pense que l'esprit est respecté; et certes, le nombre de pieds et les rimes sont approximatifs mais je suis seulement apprenti poète pour le moment...

Pascal Coquerel.

LE PETIT MOUJIK

Un jour que régnait un grand froid d'hiver

Je sortais du bois, le gel était sévère.

Je vis, descendant lentement d'une sente,

Tirant du bois mort, une jument haletante.

 

Une démarche solennelle, un air important,

Un petit moujik conduisait la jument.

Dans sa peau de mouton et ses énormes bottes,

Ainsi que des moufles immenses, voilà le moujitchok !

 

- Salut mon gaillard ! - Passe ton chemin !

- Hé, t'as pas l'air commode, dis donc ?... Gamin !

… Tu sors d'ou ? - Ben de la forêt ! Tu vois !

… Le père, t'entends, il coupe ! … et moi, je charroie !

 

(Au loin, les coups de hache résonnent dans le bois)

- Et ton père ... il a une grande famille ? ... y'a toi...

- Ben ouai... cette famille... c'est deux personnes …

… Y'a mon père... et y'a moi : ça fait deux hommes !

 

- En voilà une famille ! C'est quoi ton nom ? - Vlas !

- Et ça te fait quel âge ? - Ben... six ! … Voilà !

… Allez charogne ! … crie notre petit moujik, gravement,

Il empoigne les rennes et détale rapidement.

 

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"Le petit moujik" de Nicolaï Nekrassov

Николай Некрасов — Мужичок с ноготок

…Однажды, в студёную зимнюю пору,
Я из лесу вышел; был сильный мороз.
Гляжу, поднимается медленно в гору
Лошадка, везущая хворосту воз.


И, шествуя важно, в спокойствии чинном.
Лошадку ведёт под уздцы мужичок
В больших сапогах, в полушубке овчинном,
В больших рукавицах… а сам с ноготок!


— Здорово, парнище! — «Ступай себе мимо!»
— Уж больно ты грозен, как я погляжу!
Откуда дровишки? — «Из лесу, вестимо;
Отец, слышишь, рубит, а я отвожу».


(В лесу раздавался топор дровосека.)
— А что, у отца-то большая семья? —
«Семья-то большая, да два человека
Всего мужиков-то: отец мой да я…»


— Так вон оно что! А как звать тебя? —
«Власом».
— А кой тебе годик? — «Шестой миновал…
Ну, мёртвая!» — крикнул малюточка басом.
Рванул под уздцы и быстрей зашагал…

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 21:28

Quelques témoignages de nos choristes:

Pourquoi chanter avec la Chorale de Davaï ?

Etudiant le Russe dans le cours de Nadia Stettler je me suis inscrit à la Chorale dès sa création. Pourquoi ?

Pour moi le chant est une musique qui exprime sans instrument ou plutôt l’instrument dont on se sert est notre corps tout entier et pas seulement notre gorge et les cordes vocales mais aussi le cœur.

Je me suis aperçu que chanter des chants dans une langue étrangère, en l’occurrence chanter des chants en russe, peut apporter beaucoup : cela permet de faire des progrès en langue russe et, si l’on fait un petit effort de recherche, de découvrir le passé, l’histoire, la souffrance, les joies du peuple qu’expriment ces chansons populaires et traditionnelles qui constituent le répertoire de la chorale.

Quand le groupe musical « Toc Toc Toc », dirigé par Marianne F., rejoignit la chorale, celle-ci devint encore plus attractive.

Les répétitions ont lieu deux fois par mois. Elles sont l’occasion de se faire des amis et de parler russe, d’autant plus facilement que des certains chanteurs et chanteuses sont d’origine russe.

Donc amis de la langue russe, n’hésitez pas à nous rejoindre.

 Jacques Péronne.

La chorale de Davaï

***

Notre chorale, c’est une immersion dans cette belle langue chantante. C’est une rencontre entre amateurs de musique, dans la fusion des voix et des instruments, des regards complices et fous rires. Mais aussi, des concerts en costumes traditionnels, des chansons anciennes, et contemporaines. Un bon moyen de parler russe aussi grâce à la présence patiente de Svetlana et Yuliya. Quelques chanteurs de plus seraient les bienvenus.

Voila !

Marianne

La chorale de Davaï
La chorale de Davaï

***

Спасибо участникам хора за их огромное желание петь с воодушевлением русские песни, и спасибо нашим музыкантам ансамбля " Ток-Ток-Ток",которые с огромным желанием не только аккомпанируют,но и вносят предложения в обновление репертуара( спасибо Марьян)
 
До новых встреч.!:Ждем всех желающих петь!!!

Светлана.

La chorale de Davaï
La chorale de Davaï
La chorale de Davaï

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 21:25

Cette année encore, j'étais avec plaisir à Honfleur pour le festival du film russe.

J'y ai vu trois films, dont un français. Aucun ne m'a vraiment scotché, c'est vrai, mais j'ai bien aimé les trois car ils sont intéressants et bien réalisés chacun dans leur style.

D'habitude je parle du film que j'ai préféré, mais cette fois j'hésite à parler d'un ou d'un autre, alors je vais essayer de parler des trois ….

Voici les trois films en question :

Ils sont très différents tous les trois. Le premier, « L'idéal », est une comédie française à la française et à la Beigbeder, assez réussi pour moi. Une partie du film se situe à Moscou et une partie des acteurs sont russes, notamment l'excellent Alexei Guskov.

L'idéal, comédie satirique de Frédéric Beigbeder

L'idéal, comédie satirique de Frédéric Beigbeder

Le second, « L'art pur », un thriller russe qui se passe dans le milieu de l'art à Moscou, celui-ci , je trouve qu'il est assez proche des thriller américains.

L'art pur, polar de Renat Davletiarov

L'art pur, polar de Renat Davletiarov

Le troisième, « Moscou ne dort jamais », est plus russe. Il se passe aussi à Moscou, on y voit beaucoup de personnages qui vivent beaucoup de situations en parallèle. Mais tous ces personnages ont quelque chose qui les relient...

Le festival 2016 du cinéma russe à Honfleur

Ce que je trouve intéressant, c'est que dans ces trois films, on retrouve, traités de façon différente, des thèmes très typiques du cinéma et de la culture russe en général.

Il y a l'amour et la mort, bien sûr,

Il y a Moscou,

Il y a l'argent, il y a la corruption,

Il y a la misère et la déchéance,

Et il y a un thème incontournable, l'excès et la démesure, cela, on le retrouve dans le cinéma russe, en Russie et chez les russes !... (Souvent on appelle ça l'âme slave, moi j n'y crois pas, je préfère parler de tempérament)

En particulier, l'excès d'alcool, la vodka dans laquelle on se perd... et sans doute on y trouve quelque chose aussi ….

Donc on voit les personnages se chercher, se trouver des raisons d'exister et essayer d'y croire...

Dans le film de Beigbeder, c'est d'une façon caricaturale, certains le regrettent mais c'est volontaire car ses références sont pop/rock, la bande dessinée, et la pub aussi. Même outrageuse ou provocante, il nous montre une réalité, celui du monde de la mode, des mannequins, du fric.

Le polar nous parle du monde des galeries d'art, le travail et les raisons d'être des artistes, tout cela lié au business et à la politique. Avec tous les ingrédients du genre : le suspens, les crimes et les personnages forts !

Dans le troisième film, on voit aussi une réalité moscovite, mais sous un aspect plus social, et dans différents milieux et classes sociales. Avec toujours la question des choix de vie, ou de bilans de vie.

Pour conclure, j'étais une fois de plus très content de ma journée de spectateurs, j'ai même eu presque l'impression de passer un week end à Moscou, car certains personnages, certaines attitudes m'ont rappeler des souvenirs, des rencontres.... Merci donc à ce festival d'exister et merci aussi à notre association Davaï d'avoir organisé cette journée !

 

Pascal Coquerel

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 11:22

La Fondation Louis Vuitton propose une exposition inédite, la présentation des œuvres du grand collectionneur et mécène russe, Sergueï Chtchoukine, grand amis des peintres de l’art moderne français.

La Fondation Louis Vuitton a inauguré ses majestueux locaux en octobre 2014, il s’agit d’un imposant immeuble, « un navire de l’art contemporain », conçu par l’architecte Frank Gehry (créateur du musée Gugenheim à Bilbao), véritable prouesse architecturale constituée d’armatures de poutrelles enchevêtrées et de larges panneaux de verre assemblés à la manière de vitraux, le tout posé sur un lit d’eau. Geste architectural de facture ultra-contemporaine,  dont les « voiles » ont été  colorisées par l’artiste Daniel Buren dans un second temps. Cet ensemble trouve sa place dans le parc d’acclimatation et de l’exotisme inauguré par Napoléon III en octobre 1860.

 Source : Télérama.fr,  publié le 11/05/2016.
 Source : Télérama.fr,  publié le 11/05/2016.

Source : Télérama.fr, publié le 11/05/2016.

Cette exposition est un évènement, les chefs d’œuvres achetés ou commandés par l’homme d’affaire russe, Sergueï Chtchoukine (Moscou 07/1854 – Paris 01/1936), sont réunis pour la première fois. Chtchoukine a bâti sa fortune sur le négoce du tissu. Cette collection rend hommage aux impressionnistes et à l’art moderne français en général (cubisme, fauvisme) mais surtout à l’un des « plus grands mécènes russes du début du XXème siècle, Sergeï Chtchoukine, collectionneur  « visionnaire » de l’art moderne français ».

Il a été très difficile de reconstituer le parcours de cet homme considéré comme un génie ou un fou, qui collectionne les unes après les autres des œuvres à rebours des traditions russes et contre son milieu. Il écrira à Matisse en 1910, « On dit que je fais du tort à la Russie, à la jeunesse russe en achetant vos tableaux. J’espère vaincre un jour mais il faudra quelques années de lutte », Chtchoukine parle parfaitement le français. Il est présenté comme un homme aimable, bavard bien que souffrant de bégaiement. Il aurait été végétarien. Cet homme a fait l’objet d’un tabou en Russie de-là la grande difficulté à reconstituer sa vie et son œuvre. Il a dû fuir la Russie après 1917 laissant derrière lui son musée, le 1er musée d’art moderne au monde !

©ADAGP, Paris 2016. Photo : Musée d’Etat de l’Ermitage Saint-Pétersbourg, 2016.

©ADAGP, Paris 2016. Photo : Musée d’Etat de l’Ermitage Saint-Pétersbourg, 2016.

Cette exposition rassemble quelques 130 chefs d’œuvre des maîtres impressionnistes, post impressionnistes et modernes des plus emblématiques. Chtchoukine a acquis par exemple un tableau que les Français jalousent aux Russes, Le déjeuner sur l’herbe de Monet. Il aimait Cézanne (représentations de la montagne Sainte Victoire), il était un ami personnel de Matisse, Les danseuses, Les poissons rouges, Monet, Degas, Gauguin  Eh, quoi, tu es jalouse ?, Picasso dont il avait plus de 40 toiles et lui avait consacré un cabinet particulier dans son Palais. L’exposition se poursuit par la présentation d’œuvres de peintres russes. On rencontre des toiles de Malévitch, de Rodtchenko, de Popova, de Klioune notamment. Toutes les salles d’exposition de la Fondation ont été nécessaires pour présenter les œuvres à la manière de leur accrochage originel chez le mécène à Moscou dans les différentes pièces de son palais Troubetskoï.

 

La collection Chtchoukine est, par elle-même une œuvre d’art majeure de l’histoire de l’Art Moderne, que le collectionneur destinée à la galerie moscovite, Trétiakov, du nom de son créateur pour compléter la collection de peintres étrangers de S. M. Trétiakov. L’œuvre de Chtchoukine a exercé une véritable fascination sur les contemporains du grand ami des peintres français et a été un lieu de d’apprentissage pour les peintres russes de l’époque qui pouvaient venir y puiser inspiration et technique. Nationalisée et dispersée, elle s’est trouvée divisée en deux et présentée incognito au musée d’Etat de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg et au Musée d’Etat des Beaux-Arts Pouchkine à Moscou.

L’exposition s’ouvre par des autoportraits de « géants » de la peinture puis on nous entraîne dans une salle obscure où dialoguent le mécène et les artistes. Chtchoukine était parfaitement francophone. Il nous apparaît comme un petit homme aux yeux rieurs et aux grosses moustaches. Il n’est pas présenté comme quelqu’un ayant beaucoup de charisme mais quelle détermination dans sa démarche, quelle certitude dans son bienfondé et quel appétit pour les formes picturales nouvelles. Il les aimait les artistes et il leur accordait toute sa confiance. Par ses commandes, il a favorisé la création de nombreux peintres français. Il a favorisé le dialogue et les échanges entre créateurs français et russes.

La scénographie de visite de la collection reprend l’enchainement des pièces thématiques de la résidence de Chtchoukine, le Palais Troubetskoï. On peine à imaginer dans le confort d’un palais de facture classique l’amoncellement de peintures aux couleurs chatoyantes et bigarrées, aux sujets audacieux et « inadaptés » pour l’époque ; la nudité stylisée présente dans les toiles de Matisse est totalement réprouvée à l’époque en Russie par exemple, le collectionneur lui-même se fait violence avant d’adhérer à cette nouvelle suggestion du corps dans l’art.

La salle Matisse (Le salon rosse) au Palais Troubetskoï, début 1920 ©Moscou, Musée d’Etat des Beaux-Arts Pouchkine. Photo © Musée d’Art Moderne Occidental, Moscou.

La salle Matisse (Le salon rosse) au Palais Troubetskoï, début 1920 ©Moscou, Musée d’Etat des Beaux-Arts Pouchkine. Photo © Musée d’Art Moderne Occidental, Moscou.

Chtchoukine ne peint pas mais éprouve manifestement la même passion que le créateur en collectionnant et à constituant une œuvre à transmettre aux générations futures. Ce personnage est captivant, il s’inspire du travail d’autres collectionneurs qui lui sont contemporains : un russe Morozov qui achète plutôt des œuvres qui l’émeuvent pour se constituer un musée personnel, les Stein qui sont davantage dans une approche pédagogique de la peinture à travers une collection et, qui achètent parfois contre leur goût voire pour choquer. Chtchoukine est peut-être dans un entre-deux. Il forge ses goûts dans un dialogue constant avec les artistes, avec les acheteurs et, espère acclimater progressivement ses contemporains à la nouveauté de l’expressivité dans la peinture occidentale. Il ouvre les portes de son palais dès 1907 aux peintres russes, il semble certain de ses choix pour constituer son œuvre.

Je ne peux que vous conseiller d’aller parcourir ces salles et ces toiles et de vous inspirer de la passion sensible de ce petit homme, grand mécène de l‘art moderne français.

A découvrir ou revoir jusqu’au 20 février 2017! Je vous conseille fortement de réserver votre entrée à l’avance, pour autant cela ne vous évitera pas totalement des files d’attente à l’intérieur du bâtiment!
Réservation et information sur
www.fondationlouis.vuitton.fr

La Fondation est amarrée dans le jardin d’acclimatation dans le Bois de Boulogne (16ème arrondissement) – ligne 1 du métro, station Sablons (si vous arrivez à la Défense par le bus, c’est tout près !!!)

Pour aller plus loin et pour s’imprégner du génie de Chtchoukine, voici un lien vers un petit film proposé par la FLV - http://www.fondationlouisvuitton.fr/evenements--radio/serguei-chtchoukine-le-roman-d-un-collectionneur.html

Cécile Milcent

Dans votre lancée à Paris, le Centre Pompidou présente un évènement Kollektsia : l’art contemporain en URSS et en Russie de 1950 à 2000, jusqu’au 27 mars prochain. Je n’avais pas l’information, dommage ! J’avais opté pour un autre continent avec une exposition tout aussi passionnante et déroutante présentée à l’Orangerie dans le jardin des Tuileries, La peinture américaine des années 30 que je recommande fortement. Le célébrissime tableau, icône de la peinture américaine, American Gothic 1930, de Grant Wood  y est présenté pour la 1ère fois en Europe !
Paris reste tout de même Paris !

 

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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 15:54

Libre interprétation qui n’engage que l’auteur de ces propos !

Nous étions au 23ème festival du cinéma russe à Honfleur. Partis à 60 revenus à 60, c’est de l’organisation et de la discipline ! Notre groupe d’adhérents, de sympathisants, d’étudiants de tous âges, d’amis de l’association DAVAÏ, ….fidèles du festival, est bigarré mais il fonctionne bien et cela continuera !

Cette année la formule du jour de clôture du festival, dimanche 29 novembre, était un peu différente car nous n’avons pas vu les films primés, c’est-à-dire « 14+ » et «Sans commentaires». Aussi nous avons pu découvrir des films classifiés «hommage», «panorama», «rétrospective», «avant-première»… un large choix !

Personnellement, j’ai pu voir un film hommage «En attendant la mer» film de 2012 de Bakhtiar Khudojnazarov, décédé cette année, réalisateur notamment de «Luna Papa», et en avant-première «La robe bleue» de Igor Minaev.

Dans « En attendant la mer », le réalisateur nous conte une fable. Nous sommes aux confins de l’Occident et de l’Orient. Il est question d’un capitaine de bateau, Marat, force de la nature, un Hercule, unique survivant d’un terrible naufrage survenu sur une mer désormais en partie disparue (asséchée). Il va aller jusqu’au bout de lui-même pour retrouver celle qu’il aimait et son équipage, disparus dans le naufrage. Un capitaine ne se doit-il pas d’être le dernier à abandonner le navire ? Une aventure intérieure, surréaliste, sur fond d’engloutissement du passé et du vivant, dans un contexte de perte de repères et de valeurs.

Dans «La robe bleue», un jeune homme découvre en vidant l’appartement de sa mère précocement décédée après une crise de mutisme, un pan de sa vie qu’elle lui avait caché. Il prend connaissance de cette vie à travers des bandes de film, un journal intime, et une robe bleue démodée.

Ces films s’illustrent par leur volonté de transmettre des messages forts aux spectateurs, des messages universels inscrits dans des histoires de vie singulières. Parfois les «ficelles» sont un peu grosses mais la volonté de traduire par l’image du sens est louable. La qualité plastique, esthétique et le casting des films est à mon avis excellent. La qualité filmique de manière générale témoigne d’un grand cinéma! En ce qui concerne ces deux films précisément, je suis plus réservée sur le fait de vouloir en dire ou en faire trop parfois et de mélanger des genres cinématographiques qui déroutent le spectateur.

23ème festival du cinéma russe à Honfleur

Dans «En attendant la mer», Marat est un forcené ! Il n’aurait pas dû survivre au naufrage de son navire mais il est vivant. Il n’aurait pas dû revenir dans son pays au bord de la mer, après avoir purgé une peine de prison, mais il n’a pas d’autre raison de vivre que d’être parmi ses souvenirs. Il devrait laisser le passé au passé, les morts à leur cimetière marin, mais il veut les retrouver et les ramener. Il n’abdique pas, même s’il est déraisonnable. Il va tracter son bateau, à la force de ses bras sur une mer devenue désert, au mépris ou l’incrédulité de tous. Le réalisateur convoque les mythes, les grands récits, la grande Histoire soviétique à travers l’histoire d’un homme, russe asiate éperdument amoureux de Dari*, la fille ainée d’un marin respecté, digne représentant de son ethnie et de ses coutumes.

23ème festival du cinéma russe à Honfleur

Dans « La robe bleue », l’orphelin veut se confronter aux secrets de sa mère en ayant conscience que cela est risqué. Il veut comprendre et peut-être s’approprier un pan d’histoire dont elle n’a jamais parlé. Elle était actrice en Union soviétique et amoureuse éperdue d’un homme qui l’a quitté pour une autre. Cet homme, Dmitri, était réalisateur de films qui ont été refoulés par la censure. Elle a quitté la Russie et cet homme mais ne semble ne jamais avoir «dépassé » ces évènements douloureux. Alors à la mort de ce dernier, fidèle à la mémoire, elle se trouve légataire des films, du journal intime et de documents de cet homme. Elle en meurt. Un récit tragique d’un personnage féminin jusqu’au-boutiste, fidèle au passé et qui aurait enseveli le passé avec sa mort si son fils n’avait cherché à comprendre.

Pas étonnant que ces 2 films aient été programmés le même jour. J’aimerais savoir si «Le carrosse vert» que je n’ai pas pu voir tellement le public était venu nombreux, interpelle également ces thèmes de la confrontation de la grande Histoire et des trajectoires de vie singulières où l’amour est magnifié. J’espère que des spectateurs chanceux pourront me répondre ?!

Cécile Milcent.

*Le dari est une des deux variantes de la langue persane parlée en Afghanistan et en Iran.

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 10:23

Le 21 novembre dernier, l’association DAVAI et une quarantaine de ses adhérents, sympathisants, amis…ont eu la grande chance de faire la connaissance de M. Bruno Vianey. Professeur de mathématiques, actuellement en poste au lycée français de Moscou, il l’a été également en Norvège. L’enseignement des mathématiques comme profession, et la littérature comme passion d’autant plus quand ses recherches le conduisent sur les pas d’un Français, Jean Sauvage, passé par la Norvège pour arriver en Russie. La grande singularité de cette histoire tient au fait qu’elle a été relatée dans un court récit descriptif. Ce récit est reconnu comme le premier récit en langue française du premier Français s’étant rendu en Russie. Il s’agit d’un ensemble de paragraphes descriptifs (guide pour les navigateurs, informations sur les modalités commerciales, témoignage historique d’accords entre souverains, descriptions ethnographiques … ) Ensemble qui constitue un récit écrit dans un français lisible aujourd’hui.

Bruno Vianey nous a conté le temps d’un après-midi son aventure de quatre années passées dans des bibliothèques et autres lieux de culture et de mémoire sur les traces de Jean Sauvage, parti de Dieppe en bateau de marchandises en 1586 pour rallier le nord de la Russie. Il aurait accosté à Arkhangelsk, ville tout nouvellement fondée dans le delta très ramifié du fleuve Dvina, le 28 juin 1586. Ce jour est depuis salué officiellement comme le « jour des do
uanes » en Russie.

Source : Wikipédia
Source : Wikipédia

A cette époque Saint Pétersbourg n’existe pas, aussi la fenêtre commerciale russe sur l’Europe est Arkhangelsk, ville fréquentée notamment par les Anglais, les Hollandais, les Danois… Car les contacts notamment commerciaux existent bel et bien entre les pays d’Europe de l’Ouest et la Russie, quand bien même la longue période du joug mongol a pu l’isoler.

Jean Sauvage a rallié le nord de la Russie en contournant l’actuelle Norvège. A cette époque, la route maritime ne passe pas par la mer Baltique, le golf de Finlande, les lacs Ladoga et Onéga…pour rallier la Mer Blanche.

D’autres grands navigateurs s’étaient aventurés vers la Mer Blanche par le Grand Nord, et les commerçants Anglais et Hollandais profitent avant les Français de l’ouverture de voies commerciales vers la Russie. Bruno Vianey nous a rapporté qu’il aura fallu toute la ténacité de M. Danzay, ambassadeur de France au Danemark au cours de la 2ème partie du 16ème siècle, pour dynamiser les relations commerciales entre la France et la Russie. A cette époque, le Danemark contrôle depuis l’île de Narva les relations commerciales et impose des droits de passage et des taxes (la tolle).

Ce petit récit, certainement écrit sur commande, participe des sources avérées de liens anciens entre la France et la Russie et d’intérêts réciproques. Jean Sauvage rapporte avec curiosité et parfois emphase des us et coutumes, le rite du «bien boire» notamment, pour faire honneur aux hôtes ; il évoque la prouesse de dextérité que développent les charpentiers russes capables de monter de belles bâtisses en rondins sans clou avec comme unique outil la hache! Il découvre un engin pratique pour circuler sur la neige dont il ne trouve pas l’équivalent en langue française (le traineau)… Toutes ces choses qui font le contact, le lien entre des gens qui se découvrent et apprennent à se connaître pour échanger.

Extrait : «Bruno Vianey ne se contente pas de présenter le parcours de Jean Sauvage, il propose également, à travers de nombreuses lettres et témoignages, un panorama des relations franco-russes entre les XVIe et XIXe siècles. « Mon objectif premier était de republier le récit de Jean Sauvage avec quelques commentaires, explique-t-il, mais une fois les recherches entamées, j’ai compris l’importance de cette expédition : premier voyage d’un Français à Arkhangelsk, premier récit d’un Français à s’être rendu en Russie, premier traité de commerce qui s’ensuivait et premier lexique franco-russe, première description des îles Solovki… » Et la rédaction du livre lui a finalement pris quatre ans»
Source : http://www.lecourrierderussie.com/2015/02/jean-sauvage-francais-arctique/

J’ai eu le sentiment en écoutant Bruno Vianey qu’il avait à cœur de transmettre cette expérience singulière de Jean Sauvage. Expérience qu’il entend poursuivre ayant rencontré au cours de ses démarches, un autre Jean Sauvage. Celui-ci a fait partie de l’escadrille Normandie Niemen ! Mais il s’agit d’une autre histoire...

Cécile Milcent

A lire : l’ouvrage est richement documenté !

A lire : l’ouvrage est richement documenté !

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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 10:54

Je ne rate jamais le festival du film russe à Honfleur ! A chaque fois, je vois des films très intenses et marquants pour moi. Et j'ai aussi le plaisir de rencontrer des amis russes et français qui font partie de la caravane affrétée pour l'occasion: Davaï !

Film: "En attendant la mer" de Bakhtyar Khudojnazarov

Cette année, j'ai vu deux films qui m'ont surpris, mais d'une façon très différente des autres années : "En attendant la mer" et "La robe bleue". Du second, je ne parlerai pas car je le trouve raté et c'est mieux de parler des choses que l'on aime, d'autres sauront en parler... Du premier, j'ai entendu beaucoup de commentaires négatifs, alors que j'étais emballé !

Film: "En attendant la mer" de Bakhtyar Khudojnazarov

Voici ce que j'ai vu : "En attendant la mer" est un film en partie fantastique ou onirique mais avec des sentiments et émotions très réels je trouve. Il se passe dans un lieu où les gens parlent russe et où il y a des chameaux, disons le Tadjikistan (de cela, je ne suis pas sûr... ) et trois personnages principaux : Marat, capitaine du bateau, Tamara, amoureuse de Marat et la sœur de Tamara, la fiancée du capitaine ! (celle ci on la voit quelques minutes seulement mais elle est présente pendant tout le film). Il se produit un phénomène incroyable : le bateau de Marat, parti pour une campagne de pêche, est soudainement échoué alors que toute la mer se trouve évaporée en quelques minutes (ne me demandez pas pourquoi !) Le capitaine, seulement, est survivant de ce naufrage ! Sa fiancée et ses compagnons sont disparus, enfin, on le suppose... Car il réapparaît quelques années plus tard, après un séjour en prison parce qu'il n'a pas sauvé son équipage. Dans son village, c'est le capitaine sans honneur ! On l'accueille en lui jetant des pierres ... Sauf Tamara, qui veut le conquérir, car, depuis toujours elle l'aime, lui et lui seul ! Tandis que lui ne souhaite qu'une chose : retrouver la mer avec son épave de bateau, rouillé, troué... Et qui lui fera retrouver sa fiancée.

Et ce que j'adore, voyez vous, appelez cela de le passion, de la folie, c'est que nos héros mettent toutes leurs forces pour atteindre leurs rêves, envers et contre tout et tous ! Marat a décidé de faire avancer son bateau dans le désert à mains nues pour rejoindre la mer. Tous lui disent que c'est impossible, il est fou, on se moque de lui, et en plus tu te trompes de direction, abruti ! Il utilise un treuil pour déplacer le bateau centimètre par centimètre, il pousse le levier de toutes ces forces, tire la corde comme un forçat de batelier, ses muscles et son esprit tendus vers ce but, cette obsession : rejoindre la mer ! Tamara revient dans le village pour retrouver le capitaine malgré lui. Ici, c'est plein de désolation et de poussière, plus d'eau... plus de poisson... plus de travail ! Mais Tamara est belle et fière, et au milieu de ce désert triste, elle reste si élégante et classe (contrairement à ce qui se passe dans la vraie vie), et c'est pour ça aussi qu'on aime le cinéma, non ? De la fin, je ne parlerai pas, et quel message ? Quel sens a ce film ? Peu importe, chacun y verra ce qu'il veut y voir... Moi, j'ai vu une fable, très belle, avec des personnages si beaux, et tellement vrais !

Pascal Coquerel

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 15:08
Le cinéma russe est connu en France pour quelques grands noms tels que Sergueï Eisenstein, Andreï Tarkovski, Nikita Mikhalkov, Pavel Lounguine, ... Tous ces réalisateurs, j'aime les apprécier, et certains de leurs films m'ont souvent donnés envie d'en savoir plus à propos de la culture russe.
Le cinéma d'Eldar Riazanov
Pourtant, trop méconnu en France selon moi, alors qu'il est plus que populaire en Russie, il y a un autre cinéma russe, c'est celui des comédies de l'époque soviétique. Et pour citer un nom, une référence... disons la référence ! , c'est Eldar Riazanov.
Ce cinéma, pour moi qui aime marcher sur deux jambes, est tout aussi indispensable ! Car dans mon panthéon personnel, à côté d'Audiard, il y a Alain Resnais, et à côté d'Einsenstein, Eldar Riazanov !
Beaucoup des films de ce réalisateur ont engendrés des citations cultes dans la culture populaire russe, et l'un de ces films est, depuis la fin des années 70, toujours diffusé sur au moins une grande chaîne de télévision durant la période festive de fin d'année. Ce film, c'est " Ирония судьбы или с легким паром " ("L'ironie du sort ou Que la vapeur soit douce ! ").
C'est aujourd'hui le moment de se mettre à l'heure russe en évoquant cette comédie sentimentale et musicale, profondément légère et drôle ! Pour vous donner un avant goût et ainsi l'envie d'en découvrir d'avantage, je vous laisse regarder ce petit extrait avec la chanson " Если у вас нету тёти " ("Si tu n'as pas de tante ") ...en cliquant ici ....
Et c'est aussi l'occasion de vous souhaiter, chers davaïstes, " Que cette année soit douce ! "
Pascal Coquerel

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