Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 09:17

Cette rubrique est consacrée aux personnes qui ont été témoins de la seconde guerre mondiale, la Grande Guerre Patriotique, comme on l'appelle en Russie. Chaque année il en reste de moins en moins. Mais leurs enfants, petits-enfants, leurs proches, ont souhaité partager ces récits, ces histoires familiales avec nous.

Un très grand merci à tous ceux qui ont accepté de participer à ce projet de Davaï consacré à la mémoire commune.

Ce premier témoignage est celui d'Alexandre Ezerskiy.

Traduction en français et corrections: Sylvie Gandon, Françoise Mulot, Maryvonne Bordas, Nadia Stettler.

------------------------------------------------------------------------------------

Quand la guerre commença, mon père avait seulement douze ans, et grand-père lui, était trop vieux pour répondre à l’appel de mobilisation. C’est pourquoi, parmi mes proches parents, seul mon oncle Nicolas, le frère aîné de mon père a combattu. Mon oncle n’avait pas d’enfants, aussi il me traitait comme son propre fils. Très souvent, il m’invitait pour les week-ends et  nous  nous promenions, ou bien nous faisions du ski, et l’été, nous nous baignions dans la Volga. Oncle Kolia n’aimait pas parler de la guerre. Mais,  quand toute la famille se réunissait à l’occasion d’une fête, après que tous aient un peu bu, il quittait la table pour fumer. Pendant ces moments-là, il évoquait certains souvenirs. Voilà comment à travers ses récits fragmentés et courts, j’imagine son histoire.

Lieutenant N.G.Ezerskiy, 1942

Lieutenant N.G.Ezerskiy, 1942

L’année 1941, il est sorti de la classe terminale de l’école numéro 14, celle-là même où mon père avait fait ses études, et où moi-même j’avais suivi mes classes primaires. Comme nous avons tous vécu dans le même quartier, leurs récits m’étaient familiers et facilement imaginables. De plus le thème du commencement de la guerre se répétait dans tous les films : le bal de fin d’études de l’école, tout le monde se promène jusqu’au matin, l’annonce dans tous les haut-parleurs du début de la guerre et les jeunes diplômés, toujours en habits de fête, sans rentrer chez eux, qui se rendent au bureau de recrutement pour être engagés volontaires et partir au front. 

C’est effectivement ainsi que cela s’est passé dans tout le pays. Tous ceux de la classe de l’oncle Kolia sont allés au bureau du recrutement comme un seul homme, en revanche, ils n'ont pas rejoint immédiatement le front : beaucoup, tout comme mon oncle, n’avaient pas encore 18 ans.

On les a dirigés vers des écoles militaires, l’oncle Kolia s’est retrouvé à l’Ecole d’artillerie du nom de Molotov à Gorky, « GOUZA » (Molotov, à cette époque, était le ministre des affaires étrangères). Au cours de nos promenades il me parlait de cette école qui a été transformée en Ecole de Génie Spatial et a existé jusqu’au début des années 90. Ce dont je me souviens : au dessus des portes de cette école, on lisait « Notre but est le communisme ». Quel plaisantin avait pu imaginer un tel slogan ?

Bref, oncle Kolia était chanceux d’être tombé sur cette école car parmi ceux qui sont allés à l’école d’infanterie, aucun n’est revenu de la guerre… De sa classe de diplômés de 1941 ne sont rentrés de la guerre que deux hommes : mon oncle Kolia et son ami, passé par l’école d’aviation avant d’aller sur le front en tant que pilote d’avion de chasse.

Suivant les mots de beaucoup d’éminents militaires, ce ne sont pas les maréchaux qui gagnent ou perdent la guerre mais les lieutenants et les chefs de compagnie. Ils vivent avec leurs soldats, ils les mènent à l’attaque, ils les encouragent. Les chances de revenir vivants pour les lieutenants d’infanterie sont infimes. C’est tout de même différent pour les soldats qui sont dans l’artillerie.

Parti le 22 juin pour le bureau de recrutement, oncle Kolia a été envoyé immédiatement à la caserne de l’école militaire. Ses parents, mon grand-père et ma grand-mère, ont cherché leur enfant pendant plusieurs jours jusqu’a ce qu’ils apprennent qu’il était au GOUZA. Ils le trouvèrent en train de laver le plancher. Comme tout bon soldat, il a commencé son service par le "nettoyage des chiottes ». Ses parents, issus du milieu intellectuel : maman – bibliothécaire, papa – comptable, étaient sous le choc.

A l'école militaire les études duraient trois ans, mais pour eux le rythme fut accéléré. La guerre le rattrapa au bout de quelques semaines. Déjà en juillet 1941 l’aviation allemande avait commencé les bombardements systématiques de leur ville. A Gorky il y avait plusieurs usines d’armement qui étaient logiquement devenues la cible de l’ennemi. Mais les bombes ne choisissaient pas où tomber. L’enseignement à l’école militaire s’est très vite orienté vers des exercices pratiques. On a installé des canons antiaériens sur les collines autour de la ville et les étudiants devaient assurer les surveillances des attaques. On leur a montré comment tirer et… En avant les gars ! Allez-y ! Appropriez-vous les techniques de guerre !

Sa promotion fut rapide : en un an, à la fin de l’été 1942, oncle Kolia était devenu lieutenant et avec sa batterie antiaérienne il est allé au front. Il s’est retrouvé aux abords de Stalingrad. Selon ses souvenirs, le convoi dans lequel il est parti au front a été bombardé et seule une partie est restée intacte. Lui, il est resté vivant, en se positionnant avec sa batterie au sud de Stalingrad. On les débarqua dans un champ. A ce moment-là les divisions blindées allemandes faisaient une percée vers la Volga. La batterie d’oncle Kolia, avec tous ses canons, s’est trouvée pile dans la ligne de mir des tirs des chars ennemis. Aucun avion en soutien. «On lançait de nos batteries des tirs directs sur les tanks, comment nous sommes demeurés en vie dans ce combat, ça, je ne peux pas te le dire… mais ce qui est sûr : on les avait arrêtés avant la Volga.»

Et ensuite, il ajoutait : « La guerre… il n’y a rien d’intéressant. Un raid. Nous tirons. Ils bombardent. Le plus important, se boucher les oreilles avec de la ouate et quand la salve arrive – ouvrir la bouche. Sinon immédiatement tu deviens sourd, tes tympans se déchirent. » Et ainsi de suite jour après jour : « On change la position, on creuse une tranchée, on s’y installe, raid, on tire, le jour, la nuit, du ciel tombent des bombes et des éclats, il faut encore comprendre ce qui arrive, vers où tirer. Puis de nouveau : relève de la position, enfouissage, raid…Travail pénible, permanent… D’une façon générale, rien d’intéressant. »

Extraits de ses récits. « Offensive d’hiver la veille du nouvel an. Nous prenons un abri allemand. Il est aménagé, on peut le dire, d’une façon « chic ». Il fait bon. Nous apportons un sapin, mais il nous faudrait des décorations. Rien ne convient. Dans les affaires abandonnées par les Allemands, nous trouvons une grande quantité de préservatifs. Nous les gonflons comme des boules. Nous accueillons la Nouvelle Année avec un sapin de Noël décoré. »

« Notre batterie se positionne au bord d’un lac. Un moment de tranquillité, sans raids. Dans le lac nagent des carassins (petites carpes). On en a assez de la kacha, on veut des petits poissons frais. Mais on n’a pas de temps pour s’installer « confortablement » et les pêcher à la ligne. Nous avons notre méthode de pêche, une petite charge explosive, et je t’en prie : ramasse ce qui nage à la surface de l’eau. On a tout ce qu’il faut. Mais juste au moment de l’action, nous entendons soudainement la pétarade d’une moto. Nous cachons vite l’explosif. Devant nous surgit un officier de "SMERCH" (le service de contre-espionnage de la guerre: mort aux espions et aux saboteurs). Il vient pour contrôler le respect des règles. Il inspecte toute la batterie. "Comment ça va, le service?" - "Tout va normalement"... Il part. Le bruit de sa moto disparait au loin. Pour être bien certains de son départ, nous attendons encore un peu avant de jeter la dynamite dans l'eau. La "pêche" est bonne, nous faisons frire les poissons sur le feu, diluons de la gnole. La clairière est "mise en beauté". Mais soudain, des buissons, apparait l'officier! Ce salaud, après être parti avec sa moto, l'avait cachée plus loin dans les buissons. Puis, il avait rampé jusqu'à notre batterie, et s'était planqué en attendant le début de notre festin... Quelle ordure... Et le voilà à nous menacer du tribunal militaire pour infraction à la règle. Ensuite, il bouffe, ce fumier, tous nos carassins, boit notre gnole, tout ce qu'il peut boire et se casse de là. Notre repos est gâché."

Le tribunal, oncle Kolia ne l'a tout de même pas évité. Sa batterie avait accidentellement abattu un avion soviétique. L'avion, c'est pas des carassins avec de la gnole, c'est sûr... Ca sentait à plein nez soit le bataillon de mort, soit, encore pire, l'exécution directe. Mais de nouveau il a eu de la chance. Il s'est trouvé que le pilote s'était éjecté avec son parachute et était resté vivant. De plus, l'avion avait dévié de sa trajectoire et ne devait pas du tout survoler la batterie. L'affaire se termina ainsi: il fut destitué de toutes ses décorations et rétrogradé comme simple soldat. Il chargea des obus dans le même régiment pendant plusieurs mois. Ensuite, au cours d'un nouveau raid le commandant de la batterie fut tué, oncle Kolia prit le commandement à sa place. Par la suite on le remit à son grade et il termina la guerre comme il l'avait commencé, en lieutenant.

Il fit la guerre en Hongrie et en Tchécoslovaquie et fut démobilisé en été 1945. Il a vu cette guerre d'un bout à l'autre, 4 ans.

Le voici de retour dans sa ville natale, il a 21 ans et toute la vie devant lui. Ses parents l'attendent , leur fils est revenu, vivant, même pas blessé une seule fois. Après les embrassades, les pleurs, les histoires un peu confuses, quelqu'un demande: "Kolia, pourquoi n'as-tu pas tes affaires?" "Elles arriveront dans le wagon à bagages..."

A cette époque, les démobilisés rentraient avec des butins de guerre et une telle réponse supposait qu'il aurait beaucoup de trophées dans les valises. Quelques jours plus tard on comprit qu'en fin de compte il n'y avait aucun "butin", car l'unique valise contenant ses affaires qui l'ont accompagné pendant toute la guerre, avait été volée dans le train. Ses affaires, il s'en fichait profondément, mais tous les papiers et les médailles... Les papiers seraient refaits dans quelque temps mais les médailles avaient disparu à jamais.

Après la guerre les Anciens Combattants ont été souvent décorés lors des commémorations des 10 ans, des 20 ans de la Victoire... les 30 ans de l'Armée rouge, les 40 ans de l'Armée rouge... les 100 ans de la naissance de Lénine, etc. Il ne portait jamais ses décorations. Pour toutes les fêtes de la Victoire, il mettait seulement son insigne d'Ancien Combattant. Cet insigne avait une signification particulière pour oncle Kolia, car il avait été donné uniquement à ceux qui participaient personnellement aux combats.

Quatre années de guerre ne se sont pas passées sans lui laisser des traces. Un travail pénible, des jours sans sommeil, du stress, tout cela a pesé sur sa santé. Il a enduré plusieurs infarctus et il est mort d'un arrêt du cœur à la fin de la Pérestroïka.

Il a été enterré dans un grand cimetière dans la proche banlieue de notre ville de Nijni Novgorod. C'est un cimetière multiconfessionnel. Sur les pierres tombales sont gravés des croix, des croissants, des étoiles de David. Sur la sienne - une étoile à cinq branches et le ruban de St Georges (ce même ruban, tant aimé et tant détesté en Ukraine). Lui et ceux de sa génération ne croyaient ni en Dieu, ni dans les leaders communistes. Ils avaient défendu leur pays et leurs familles  et ils avaient fait tout ce qu'ils avaient pu pour cela.

 

Alexandre Ezerskiy.

 

1945. Photo de famille. Oncle Kolia est de retour.

1945. Photo de famille. Oncle Kolia est de retour.

Partager cet article

Repost 0
7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 23:47

В этой рубрике мы публикуем рассказы о людях, прошедших Вторую мировую войну. К сожалению, самих участников, непосредственных свидетелей, становится всё меньше и меньше. Но есть их дети, внуки, правнуки, которые захотели поделиться рассказами, семейными историями об этих близких им людях.

Спасибо всем, кто участвует в этом проекте "Давай", посвящённом памяти тех, кто познал страшные годы Великой Отечественной. 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Когда началась война, моему отцу было только 12 лет, дед был уже стар для призыва в армию. Поэтому из моих ближайших родственников воевал лишь мой дядя, дядя Коля, старший брат моего отца.  Своих детей у дяди Коли  не было, и ко мне он относился, можно сказать, как к сыну. Очень часто он забирал меня на уик-энды, и мы гуляли или катались где-нибудь на лыжах, летом купались на Волге.   Дядя Коля не любил говорить о войне. Но когда вся семья собиралась на какой-нибудь праздник, после того как все немного выпили, он выходил из-за стола покурить и изредка вспоминал что-нибудь. Вот как по его рассказам, отрывочным и очень коротким, я представляю его историю.

Лейтенант Н.Г.Езерский 1942 год.

Лейтенант Н.Г.Езерский 1942 год.

Школу №14, которую он закончил в 41 году, окончил также и мой отец, я в ней тоже учился  в начальных классах и жил в том же доме, поэтому рассказы их были для меня образны и легко представимы. К тому же почти во всех фильмах повторялся сюжет начала войны: школьный выпускной бал, все гуляют до утра, объявление по всем громкоговорителям о начале войны  и выпускники,  празднично одетые, не заходя домой, направляются в военкомат, чтобы добровольцами уйти на фронт. Это действительно так и происходило по всей стране Дяди Колин класс в военкомат пошёл весь, как один, но сразу же на фронт попали не все, многим, как и дяде Коле, еще не было 18 лет. Направили их в военные училища, дядя Коля попал в горьковское училище зенитной артиллерии им. Молотова - ГУЗА (Молотов в то время был министром иностранных дел).   Во время прогулок он показал мне это училище, оно было преобразовано в зенитно-ракетное училище   и  просуществовало до начала 90х годов.   Что мне запомнилось: над воротами этого ракетного училища был слоган «Наша цель – коммунизм». Какой шутник придумал этот слоган мне непонятно. В общем,  дяде Коле повезло с училищем. Из тех,  кто попал  в пехотные училища, с войны не вернулся никто. . С войны из его школьного  выпуска 1941 вернулось 2 человека. Дядя Коля и его приятель, попавший в летную школу и воевавший всю войну летчиком-истребителем.      Войну, по словам многих видных  военных,  выигрывают и проигрывают не маршалы, а   лейтенанты,  командиры роты. Они живут со своими бойцами и поднимают их в атаку.  Шансы выжить у лейтенантов из пехоты  минимальны. Зенитчики все же другое дело.

Отправившись 22 июня в военкомат, дядя Коля сразу оказался в казарме училища. Родители, мои дед и бабушка,  несколько дней искали ребенка, пока кто-то  подсказал, что он в ГУЗА. Они нашли его моющим пол. Он уже получил наряд вне очереди и чистил сортиры. Служба началась. Родители, интеллигентные люди: мама библиотекарь, папа бухгалтер  были в шоке от всего этого. Училище предполагает 3 года учебы. Но у них был ускоренный выпуск. Собственно война началась у него уже через несколько недель. Уже в  июле 1941 немецкая авиация начала систематические бомбардировки города. В Горьком было несколько военных заводов и понятно, что они стали целью немецкой авиации. Но бомбы падали на все районы города. Обучение в училище очень быстро перешло  практические занятия.   Зенитки расставили на холмах вокруг города и у курсантов начались постоянные  боевые дежурства. Показали как стрелять и давайте ребята,  работайте, осваивайте военную науку.    

Ускоренный выпуск состоялся через год: в конце лета 1942 года.  Дядя Коля стал лейтенантом и  он с батареей направился на фронт. Он попал под Сталинград. По его воспоминаниям,  эшелон, в котором он ехал на фронт разбомбили,  пол состава только уцелело.   Но  он доехал и   попал со своей батареей южнее Сталинграда. Выгрузили их в чистом поле.  В это время немецкие танковые дивизии рпорывались к Волге. Они со своими зенитками попали прямо по удар  танков. Никаких самолетов не было и в помине.   Стреляли из зениток и по танкам прямой наводкой. Как остались живы в этом бою, он сказать не может, но танки к Волге не пропустили.  

 А дальше, по его словам: «Война, ничего интересного. Налет, мы стреляем, они бомбят. Основное, заткнуть уши ватой и когда залп, открывать рот. Иначе сразу оглохнешь,  барабанные перепонки порвутся». И так изо дня в день:   «Смена позиции, окапываемся, роем землянки, налет, стреляем и день и ночь, с неба летят бомбы и осколки, надо еще и сообразить, куда стрелять. Потом  смена позиции, окапываемся, налет…. Тяжелая,  постоянная работа, … в общем ничего интересного».

Из рассказов. «Наступление зимой накануне нового года. Занимаем немецкий блиндаж. Обустроен можно сказать шикарно. Тепло. Елку срубили. Игрушки надо бы. Ничего подходящего нет. В вещах немцев, бросивших блиндаж находим большое количество презервативов.  Надуваем, как шарики.  Новый год встречаем с украшенной елкой.»

«Батарея на  берегу озера. Налетов,  нет затишье. В озере плещутся караси. Надоела каша и хочется свежей рыбки.  Кто же будет карасей на удочку ловить. У нас свой метод рыбалки. Толовая шашка и, пожалуйста, собирай что плавает по поверхности озера. Со взрывчаткой никаких проблем нет. Но только уже собрались закинуть снасть в озеро слышим стрекочит мотоцикл.  Шашку спрятали.  Появился опер из «СМЕРШа».  «СМЕРШ» это военная контрразведка: смерть шпионам и диверсантам. Опер приехал проверять порядок.     Прошелся по батареи, все осмотрел. «Как служба идет?» - «Нормально идет» отвечаем. Уехал. Звук мотоцикла затих вдалеке. Подождали для верности еще какое-то время. Ну и кинули толовую шашку в озеро. Набрали карасей, нажарили, развели спирт. Накрыли «поляну». И тут из кустов вылезает опер. Он, сволочь отъехал на  мотоцикле, спрятал его в кустах, а сам по-пластунски  приполз к батарее и сидел, наблюдал, и ждал скотина, когда мы рыбу нажарим. Грозит трибуналом, мне как командиру, штраф батом за нарушение устава. Потом съедает, с…ка, всех карасей, выпивает спирта, сколько сумел выпить и отваливает. Весь отдых испортил».

Под трибунал дядя Коля все-таки попал. Его батарея случайно сбила советский самолет. Самолет, конечно, не караси со спиртом. За это штраф бат как минимум светил, а то и расстрелять могли.  Но опять повезло. Летчик, как оказалось,  выбросился с парашютом и остался жив. К тому же  самолет отклонился от курса и вообще не должен был над батареей пролетать. Дело кончилось тем, что его лишили всех наград и разжаловали в рядовые.  На той же батарее несколько месяцев подносил снаряды. А потом,  во время очередного налета убило командира батареи. Дядя Коля вместо него принял командование. Потом ему вернули  звание, и закончил он войну как и начинал лейтенантом.   Воевал в Венгрии и Чехословакии. Демобилизовался летом 1945 года. Можно сказать, что воевал от звонка до звонка,  четыре года.

Он возвращается в родной город, ему двадцать один год,     у него все жизнь впереди. Родители ждут. Сын вернулся. Живой, даже ранен не был ни разу. После объятий, слез,  сбивчивых рассказов кто-то спросил: «Коль, что же ты без вещей?»  -«Да в багажном вагоне приедут». В те времена демобилизованные возвращались с трофеями, и такой ответ предполагал, что трофеев в чемоданах будет много. Чрез несколько дней выяснилось, что конечно никаких трофеев нет, единственный чемодан с вещами, которые он возил собой всю войну, украли в поезде. На вещи глубоко наплевать, но украли и все документы и медали.  Документы он через некоторое время восстановил, а  медали исчезли навсегда. После войны участников войны награждали очень часто в связи с юбилеями 10 лет, 20 лет победы…… ,  30 лет Красной армии, 40 лет Красной армии…, 100 лет со дня рождения Ленина и т.д.  Он никогда этих наград не носил. На все праздники одевал лишь колодки и    значок участника войны.  Этот значок он ценил, его давали лишь тем, кто непосредственно участвовал в военных действиях.

Четыре года на войне не прошли для него бесследно. Тяжелая работа,  сутками без сна, стрессы все это сказалось на здоровье. Он перенес несколько инфарктов и умер от остановки сердца в конце перестройки. Он похоронен на большом кладбище, на окраине города. Кладбище мульти-конфессиональное.  На могильных плитах выбиты кресты, полумесяцы, звезды Давида. На его камне выбита пятиконечная звезда и гвардейская лента (та самая лента, которую так любят и ненавидят на Украине).      Он и его поколение не верили ни в Бога ни  в коммунистических вождей.  Они защищали свою страну и своих родных и сделали для этого все что смогли.

Александр Езерский

1945 год. Парадное семейное фото. Дядя Коля  вернулся с войны.

1945 год. Парадное семейное фото. Дядя Коля вернулся с войны.

Partager cet article

Repost 0
27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 23:11

Je vous propose cette semaine une traduction personnelle d'un poème de Nicolaï Nekrassov (19ème siècle), il s'agit en fait d'un extrait d'un texte très long en vers "Les petits paysans". Cet écrivain a écrit de nombreux textes à propos des gens ordinaires en Russie, il y a aussi un autre texte comme ça, beau et intéressant "Les femmes russes". 

Nekrassov est très populaire en Russie et beaucoup de Russes connaissent des extraits par coeur, peut-être pas autant que Pouchkine, mais beaucoup! A la différence de Pouchkine, par contre, il est peu connu à l'étranger et je n'ai pas trouvé de traduction de l'extrait suivant.

Et dans ces poèmes, il y a beaucoup de dialogues, ce qui rend la lecture très vivante.

Cela, je crois le savoir, mais je parle sous le contrôle de ma chère amie et professeur de russe, Nadia, qui a proposé cet exercice. Et je profite de l'occasion pour la remercier de faire partager sa passion à travers cet apprentissage !

Cette traduction n'est pas littérale mais je pense que l'esprit est respecté; et certes, le nombre de pieds et les rimes sont approximatifs mais je suis seulement apprenti poète pour le moment...

Pascal Coquerel.

LE PETIT MOUJIK

Un jour que régnait un grand froid d'hiver

Je sortais du bois, le gel était sévère.

Je vis, descendant lentement d'une sente,

Tirant du bois mort, une jument haletante.

 

Une démarche solennelle, un air important,

Un petit moujik conduisait la jument.

Dans sa peau de mouton et ses énormes bottes,

Ainsi que des moufles immenses, voilà le moujitchok !

 

- Salut mon gaillard ! - Passe ton chemin !

- Hé, t'as pas l'air commode, dis donc ?... Gamin !

… Tu sors d'ou ? - Ben de la forêt ! Tu vois !

… Le père, t'entends, il coupe ! … et moi, je charroie !

 

(Au loin, les coups de hache résonnent dans le bois)

- Et ton père ... il a une grande famille ? ... y'a toi...

- Ben ouai... cette famille... c'est deux personnes …

… Y'a mon père... et y'a moi : ça fait deux hommes !

 

- En voilà une famille ! C'est quoi ton nom ? - Vlas !

- Et ça te fait quel âge ? - Ben... six ! … Voilà !

… Allez charogne ! … crie notre petit moujik, gravement,

Il empoigne les rennes et détale rapidement.

 

=====================================================

"Le petit moujik" de Nicolaï Nekrassov

Николай Некрасов — Мужичок с ноготок

…Однажды, в студёную зимнюю пору,
Я из лесу вышел; был сильный мороз.
Гляжу, поднимается медленно в гору
Лошадка, везущая хворосту воз.


И, шествуя важно, в спокойствии чинном.
Лошадку ведёт под уздцы мужичок
В больших сапогах, в полушубке овчинном,
В больших рукавицах… а сам с ноготок!


— Здорово, парнище! — «Ступай себе мимо!»
— Уж больно ты грозен, как я погляжу!
Откуда дровишки? — «Из лесу, вестимо;
Отец, слышишь, рубит, а я отвожу».


(В лесу раздавался топор дровосека.)
— А что, у отца-то большая семья? —
«Семья-то большая, да два человека
Всего мужиков-то: отец мой да я…»


— Так вон оно что! А как звать тебя? —
«Власом».
— А кой тебе годик? — «Шестой миновал…
Ну, мёртвая!» — крикнул малюточка басом.
Рванул под уздцы и быстрей зашагал…

Partager cet article

Repost 0
10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 14:51

Traduction collective de: Françoise, Catherine, Maryvonne, Guy, Jacques, Stéphane, Pascal.

Avec le soutien de: Anna et Nadia.

Remerciements particuliers à Véronika Perminova ( ici ) pour la traduction du poème!

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Je veux raconter un épisode de l'histoire de Iélets qui a un rapport indirect avec la France.

Iélets est la ville où repose, après ses 23 dernières années de ministère, l'archimandrite Isaac, né Ivan Vassilievitch Vinogradov à Saint-Pétersbourg le 12 février (25 février) 1895.

En 1913, après avoir achevé avec succès l'école n°1 de Realny, le jeune Ivan Vassilievitch Vinogradov entre au séminaire de Saint-Pétersbourg. Le 22 octobre 1914, le futur archimandrite a été consacré comme chantre. A partir de ce moment-là, il est devenu clerc de l'église orthodoxe. Avec un très grand respect, l'archimandrite Isaac se souvenait d'avoir eu la chance d'étudier sur la table même qu'occupait, en son temps, notre Saint Tikhon (né Bélavine), patriarche de toutes les Russies (1).

En 1914 commença la Grande Guerre (on l'appelait alors la Seconde Guerre Patriotique). Le Saint-Synode appela tous les orthodoxes à rejoindre le champ de bataille. Et dès lors, l'étudiant Vinogradov, ainsi que les autres séminaristes, ont été mobilisés, envoyés en formations accélérées (les cours étaient réduits à 6 mois au lieu de deux ans).

Le 1er octobre 1916, Ivan Vassilievitch Vinogradov fut nommé officier après cette formation rapide à l'école militaire d'infanterie Vladimirsky à Krasnoié Siélo, près de Petrograd. Ensuite ce fut le front de Roumanie, la Révolution de Février, l'engagement dans l'Armée des Volontaires (2), deux blessures, la Campagne de Glace (3) avec le régiment Drozdovski (4) (1200 km de combats). Il fit le vœu que, s'il revenait vivant, il deviendrait moine.

Ivan Vinogradov en tant qu'officier de l'armée de tsar

Ivan Vinogradov en tant qu'officier de l'armée de tsar

Fin mars 1920, ce fut l'exode. A une heure du matin, dans le port de Novorossiisk (5), le régiment de Drozdovski embarqua sur le bateau «Ekaterinodar». Ensuite, ce fut Gallipoli, le campement à découvert en plein champ, l'amertume et le désespoir, les errances à travers la Bulgarie.

Ayant appris que le recrutement était en cours pour l'institut de théologie Saint Serge récemment créé à Paris (6), Ivan arriva en France et devint l'un des dix premiers étudiants de l'institut. Peu après, le métropolite Euloge lui fit prendre l'habit, sous le nom d'Isaac, en l'honneur du vénérable Isaac le Dalmate (7).

L'armée des Volontaires

L'armée des Volontaires

A partir de 1929, le père Isaac exerça son ministère à Prague. La capitale tchécoslovaque était alors considérée comme « l'Oxford russe ». C'est là que beaucoup de nos scientifiques avaient trouvé refuge. A la fin des années 20, on a construit des logements pour les professeurs et les savants russes dans le quartier Dejvicie (8). Dans l'un d'eux, une église fut aménagée. Les russes avaient aussi l'église de la Dormition située dans le cimetière praguois d'Olsany (9) mais la plus importante était la cathédrale Saint Nicolas. L'archimandrite Isaac exerça son ministère dans cette cathédrale pendant toute la durée de la guerre.

Le 24 mai 1945, des agents du contre-espionnage soviétique l'appréhendèrent. Ils l'accusèrent d'avoir consenti, en 1944, à devenir le prêtre principal de l'UGCR (10). Le père Isaac fut emmené à Lvov et jeté dans une cellule surpeuplée. Des prisonniers de droit commun lui arrachèrent une petite icône incrustée de nacre avec laquelle ses parents l'avaient béni avant son départ à la guerre de 1914.

Le 3 mai 1946, suite aux requêtes de l'archevêque Serge et du patriarche Alexis 1er, il fut libéré et envoyé en relégation à Aktioubinsk (11).

En 1958, l'archimandrite Isaac devint le doyen de la cathédrale de l'Ascension de Iélets.

Archimandrit Isaac

Archimandrit Isaac

Je suis chevalier et moine

Je suis chevalier et moine. Tel assemblage

Pour notre siècle pratique est plutôt étonnant.

Moine, c’est le métier d’un autre âge,

Et de l’esprit chevaleresque nous sommes loin.

 

Comme Don Quichotte, j’ai toute mon espérance

De me battre pour mon rêve et mon idéal.

Je ne me crois pas meilleur, mais je crois à la Providence

Et à la justice qui triompherait du mal.

 

Vivre sans espoir, il n’y a rien de pire

Et je chéris l’espoir d’une vie plus belle.

Mon rêve, encore vague, ne fait que s’agrandir

Toutefois, je le vois presque réel.

 

Tel un chevalier, je sacrifierais ma vie,

De toutes mes forces combattant le tort.

Je me suis dévoué à servir ma Patrie :

Couronnée de gloire, la mort me fait moins peur.

 

Mais le jour où viendra enfin cette ère,

Quand la Sainte Russie sortira du malheur,

J’abandonnerai le dur labeur militaire

Et une cellule de moine sera ma demeure.

 

Ainsi j’oublierai les batailles passées,

Des jours d’antan la course vaniteuse,

Dans les prières et les pieuses pensées,

Sous la lumière scintillante des veilleuses.

I.V. Vinogradov - 1919

Ivan Vassilievitch, l'auteur des vers célèbres «la marche du régiment», «la campagne de Roumanie», archimandrite Isaac est décédé le 14 janvier 1981 à près de 86 ans et inhumé dans le cimetière de Ielets. Voilà l'homme qui a vécu à Iélets et dont tous les habitants se souviennent encore avec émotion.

P.S En février 1973, Ivan Vassilievitch m'a baptisé dans la cathédrale de l'Ascension de Iélets.

Respectueusement,

Victor Magomedkhanov – Iélets - «Ville au passé militaire glorieux» de Russie (12)

La cathédrale de l'Ascension de Iélets

La cathédrale de l'Ascension de Iélets

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

(1) Saint Tikhon de Moscou, né Vassili Ivanovtich Bélavine (1865-1925) fut le dernier patriarche de la Russie impériale; il est enterré au cimetière du monastère Donskoï où il avait été détenu jusqu'à sa mort.

(2) L'Armée des Volontaires est l'une des premières armées blanches de la guerre civile; elle opéra principalement dans le sud-ouest de 1918 à 1920; dirigée par le général Kornilov, puis le général Dénikine, elle battit en retraite et fut évacuée depuis le port de Novorossiisk vers la Crimée.

(3) La Campagne de Glace : en février 1918, l'Armée des Volontaires dut se retirer de Rostov-sur-le-Don et fit route vers le Kouban pour rejoindre et s'unir avec les Cosaques du Kouban, formant ainsi une armée d'un effectif de 6000 hommes.

(4) Mikhaïl Gordeïevitch Drozdovski (1881-1919) est un vétéran de la guerre russo-japonaise et de la Première Guerre mondiale; général de l'Armée blanche, il organise une division de volontaires depuis la Roumanie, traverse l'Ukraine et rejoint l'Armée des Volontaires sur le Don.

(5) Novorossiisk abritait, pendant la guerre civile, les quartiers de l'Armée blanche; l'évacuation par la mer, chaotique, surnommée "la catastrophe de Novorossiisk", permit à 33000 personnes d'être évacuées vers la Crimée, Constantinople et la Grèce.

(6) L'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge à Paris, créé en 1924 par le métropolite Euloge, était destiné à former des prêtres orthodoxes pour les communautés russes de la diaspora. Il est devenu une pépinière religieuse et spirituelle d'où sont sortis des centaines de prêtres et théologiens.

(7) Isaac le Dalmate (4è s.) est un ermite vivant dans le désert au temps des persécutions de l'église orthodoxe; puis soutenu par l'empereur Théodose le Grand, il créa le premier monastère orthodoxe de Constantinople.

(8) Dejvice est un quartier de Prague construit à partir des années 1920.

(9) Le Cimetière d'Olsany est le plus grand des cimetières de Prague; y est enterré Jan Palach (1948-1969).

(10) UGCR = L'Union Générale des Combattants Russes était une organisation militante anticommuniste russe blanche, fondée en 1924 par le général Wrangel, pour maintenir un lien entre les militaires russes de l'émigration. Organisation dissoute en 2000.

(11) Aktioubinsk est une ville du Kazakhstan où de nombreux exilés déportés de l'époque stalinienne affluèrent.

(12) La ville de Iélets ne fait pas partie des 12 "Ville Héros" de Russie, mais a été proclamée "Ville au passé militaire glorieux" en raison des épisodes de sa longue histoire militaire prestigieuse.

 

Partager cet article

Repost 0
10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 14:49

Хочу рассказать один момент из истории Ельца, косвенно имеющий отношение к Франции. Город Елец - место последнего постоянного (23 года) служения и упокоения архимандрита Исаакия, в миру Ивана Васильевича Виноградова, который родился в Санкт-Петербурге 12 февраля (25 февраля) 1895 г. В 1913 году, после успешного окончания 1-го Реального училища, юный Иван Васильевич Виноградов поступает в Санкт-Петербургскую Духовную академию. 22 октября 1914 года будущий архимандрит был посвящен в стихарь. С тех пор он стал клириком Православной Церкви. С особым чувством почтения архимандрит Исаакий вспоминал о том, что ему выпало счастье учиться за столом, где в свое время сидел наш Святой Всероссийский Патриарх Тихон (Белавин).

В 1914 году началась Великая война (ее тогда еще называли Второй Отечественной). Святейший Синод призвал всех православных идти на ратное поле. И студента Виноградова, как и других слушателей Духовной академии, мобилизовали в армию, направив для начала на срочные (вместо двух лет курс был сведен к шести месяцам) курсы. Иван Васильевич Виноградов был произведен в офицеры после окончания ускоренного курса Владимирского пехотного военного училища в Красном Селе под Петроградом 1 октября 1916 года. Потом был Румынский фронт, Февральская революция, вступление в добровольческую армию, два ранения, Ледяной поход с отрядом полковника Дроздовского (1200 километров с боями). Он дал обет, что если останется жив, то станет монахом.
 

И.В. Виноградов-офицер Русской Императорской армии.

И.В. Виноградов-офицер Русской Императорской армии.

В конце марта 1920 года — исход. В час ночи в Новороссийском порту дроздовцы погрузились на пароход «Екатеринодар». Потом — Галлиполи, палатки под открытым небом, в голом поле, горечь и отчаяние, скитания по Болгарии. Виноградову пришлось и батрачить, продавать газеты, наниматься на щеточную фабрику.

И.В. Виноградов - офицер Белого движения.

И.В. Виноградов - офицер Белого движения.

Узнав, что в Париже идет набор в только что созданный Свято-Сергиевский богословский институт, Иван добирается до Франции и оказывается в числе десяти первых студентов. Вскоре митрополит Евлогий постригает его в монашество с именем Исаакий — в честь преподобного Исаакия Далматского. С 1929 года отец Исаакий служит в Праге. Столицу Чехословакии называли тогда «русским Оксфордом». Здесь нашли пристанище многие наши ученые. В конце 1920-х годов для русских профессоров и преподавателей в пражском районе Дейвице было построено несколько жилых домов. В одном из этих профессорских домов была устроена домовая церковь. Еще у русских был храм Успения на Ольшанском кладбище. А главным был Свято-Николаевский собор. Архимандрит Исаакий продолжал служить в этом соборе всю войну.

24 мая 1945 года за ним пришли советские контрразведчики. Его обвинили в том, что в 1944 году он согласился стать главным священником РОВС (Русского Обще-Воинского Союза). Отца Исаакия привезли во Львов, втолкнули в переполненную камеру. Уголовники тут же сорвали с батюшки маленькую перламутровую иконку, которой родители благословили Ивана перед его уходом на войну в 1914 году. 3 мая 1946 года после ходатайств архиепископа Сергия (Королёва) и патриарха Алексия I отца Исаакия освободили и направили на поселение в Актюбинск. В 1958 году архимандрит Исаакий стал настоятелем Вознесенского храма в Ельце.

 

Архимандрит Исаакий.

Архимандрит Исаакий.

Я РЫЦАРЬ И МОНАХ

 

Я рыцарь и монах. Такое сочетанье

Необычайно в наш практичный век,

Когда монахом быть нет у людей желанья,

От рыцарства далек наш человек.

 

Но я, как Дон-Кихот, храню в душе стремленье

Бороться за мечту и верить в идеал.

Не лучше я других, но веру в Провиденье

И в справедливость я не потерял.

 

Нельзя на свете жить, надежды не имея.

Надеждой светлою и я всегда живу,

Мечту неясную так бережно лелея,

И видя сны, нередко наяву.

 

Как рыцарь, я готов, не пожалев ни жизни,

Ни сил своих, со злом бороться до конца.

И отдал я себя служению Отчизне:

Ведь смерть не так страшна в сиянии венца.

 

Когда ж настанет день надежды исполненья

И выйдет из беды Святая наша Русь,

Я брошу тяжкий путь военного служенья

И в келлии монахом затворюсь.

 

И позабуду я испытанные битвы,

И прежних дней нечистоту и смрад

В словах божественной задумчивой молитвы,

В сиянии мерцающих лампад.

Виноградов И.В. 1919 год

 

Иван Васильевич автор стихов знаменитого "Дроздовского марша" - "Из Румынии походом..." Архимандрит Исаакий скончался 14 января 1981 г. в возрасте 86 лет без одного месяца, похоронен на кладбище г. Ельца. Вот такой жил человек в Ельце, которого до сих пор тепло вспоминают ельчане.

P.S. В феврале 1973 г. Иван Васильевич крестил меня в Вознесенском соборе г. Ельца.

С уважением, -- Виктор МАГОМЕДХАНОВ - Елец - город воинской славы России

Partager cet article

Repost 0
10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 14:43

Ce projet a vu sa naissance petit à petit... Au mois de juin 2016 Davaï a organisé son troisième voyage en Russie pour ses adhérents. Cette fois-ci nous sommes partis découvrir des villes et des villages russes peu connus sur la carte du tourisme mondial. Elets  (Yelets, Iélets - plusieurs écritures rencontrées en français) - une "bourgade" de 100 000 habitants se situant dans la région de Lipetsk, sur la route menant de Moscou directement aux confins du sud de la Russie. Nous avons été charmés par ce séjour plein de rencontres, de découvertes, d'observations et de belles surprises. Notre présence à Elets s'est également traduite en une sorte d' "événement local"! Nous avons été chaleureusement accueillis par le maire en personne, deux équipes de la télévision régionale se sont déplacées pour faire des reportages, des journaux locaux ont aussi mis tout particulièrement en lumière les "touristes français".

Enfin, à notre retour, l'écho de notre séjour russe n'a pas cessé de retentir. Un habitant de Elets nous a retrouvé par internet et voila qu'une solide correspondance amicale a vu le jour. Il se trouve que Viktor Magomedkhanov est le président d'une association locale pour la promotion culturelle de la ville de Elets. Passionné d'histoire, bénévole enthousiaste, il nous a envoyé plusieurs textes concernant les liens de sa terre natale avec la France. Et quand on parle avec un Russe de l'amitié des deux peuples, il prend ses paroles très au sérieux!

Alors, nous voilà avec plusieurs récits, en russe... Comment, de notre côté, contribuer à cet élan de faire connaitre ces histoires, si importantes aux yeux des Russes, de les faire partager au delà des frontières? De cette intention nait le nouveau projet de Davaï: notre atelier de traduction.

J'ai proposé à mes étudiants du centre d'animation La Prairie (à Caen) de nous rencontrer deux fois par mois, en dehors de nos cours, afin de donner à ces textes un souffle français. Et c'est parti!

Je remercie très chaleureusement tous les participants de cet atelier pour la bonne volonté et la bonne humeur avec lesquelles ils viennent à ces rencontres.

Nous publierons, au fur et à mesure de nos avancements, les articles en deux versions (russe et française). Suivez nous!

Amicalement,

Nadia Stettler.

Photo d'archive: Les étudiants en russe de La Prairie (nous ne sommes pas tous là!)

Photo d'archive: Les étudiants en russe de La Prairie (nous ne sommes pas tous là!)

Partager cet article

Repost 0

Contactez-nous

Courriel : asso.davai.caen@gmail.com

 

Association Davaï

Maison de quartier de Venoix

18 avenue des chevaliers

14000 Caen

 

Si vous souhaitez adhérer à notre association et obtenir plus de renseignements, écrivez-nous.

Tarif normal : 15€/an

Tarif réduit (pour les étudiants et les demandeurs d'emploi sur présentation d'un justificatif): 10€/an

 

Bulletin d'adhésion (à télécharger)

 

Site : http://assodavai.wix.com/associationdavai 

Facebook http://www.facebook.com/assodavai 

Twitter : https://twitter.com/#!/AssoDavai

Agenda

Cliquez sur le lien pour consulter l'agenda :

http://assodavai.wix.com/associationdavai#!agenda/cee5

Cours de russe

Si vous souhaitez apprendre le russe ou approfondir vos connaissances de cette langue, Nadejda Stettler donne des cours pour adultes au

Centre d'animation La Prairie

 

11 avenue Albert Sorel

14000    Caen

02 31 85 25 16

centreanimationprairie@wanadoo.fr

Quatre niveaux différents.

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -